Alors que les pressions inflationnistes s’intensifient rapidement à travers le monde, nous restons prudents quant au risque de taux d’intérêt pour les emprunts souverains en général, mais plus particulièrement au Japon, aux États-Unis et en Europe. Nous avons pris des bénéfices sur notre sous-pondération des obligations d’État japonaises (JBG). Nous venions d’augmenter la taille de la position après l’augmentation plus rapide que prévu des rendements obligataires suite à la forte hausse des prix et des salaires dans le pays.
La prochaine étape probable pour la Banque du Japon consistera à se rapprocher du point à 5 ans de la courbe de rendement des JGB (et à s’éloigner de la zone à 10 ans) et à élargir la bande implicite de 25 points de base autour de son objectif de rendement. Il est toutefois difficile d’envisager une baisse significative des rendements des JGB par rapport aux 25 pb actuels.
Bien ajuster notre position longue sur le yen
Un changement de politique de la banque centrale serait clairement bénéfique pour notre position longue sur le yen[1], en particulier avec des valorisations extrêmes et des catalyses potentiels à court terme pour que le taux de change évolue en notre faveur. Toutefois, l’élargissement des écarts de taux d’intérêt a jusqu’à présent pesé sur le yen.
Nous suivrons de près l’évolution des prix dans le but de clôturer notre position longue sur le yen.
L’inflation alimente les pressions pour agir sur les taux
En parallèle, en Europe, la pression sur la Banque centrale européenne (BCE) s’accentue pour qu’elle agisse pour faire face à une inflation record. Notre équipe de recherche macroéconomique s’attend à ce qu’une inflation plus élevée – avec des risques à la hausse – entraîne des relèvements de taux pour porter le taux directeur à 1,75 % d’ici le deuxième trimestre 2023. Les taux d’actualisation pourraient facilement dépasser ce niveau si l’inflation perdure, notamment au niveau des salaires.
Dans le même temps, les prévisions de croissance du PIB du consensus ont été revu très nettement à la baisse au cours de l’année (de 1,2 % à 0,2 % pour le deuxième trimestre, par exemple). La confiance des consommateurs s’est quant à elle effondrée. Ces deux éléments laissent présager un nouveau recul des marchés actions.
Selon la BCE elle-même, le système financier de la zone euro est soumis à des tensions importantes, comparables à celles observées pendant la pandémie et supérieures aux niveaux de 2016.
Jusqu’à présent, les actions, et en particulier les bénéfices attendus, ont fait preuve d’une étonnante résilience dans ce contexte difficile. Nous conservons nos positions courtes sur les actions de l’Europe hors Royaume-Uni.
Points de vue sur les classes d’actifs
[1] Cette position fait partie d’une position longue non couverte sur le Topix qui a limité l’impact récent de la faiblesse du yen
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