Alors que les marchés continuent d’osciller entre craintes de récession et inquiétudes suscitées par une inflation obstinément élevée depuis la conférence annuelle des banquiers centraux de Jackson Hole, nous constatons que les obligations et les actions américaines connaissent des trajectoires très similaires. En Europe, notamment, nos analyses des valorisations laissent entrevoir une baisse très marquée des marchés actions.
Les primes de risque des actions et des obligations américaines ont récemment atteint des niveaux similaires, mais restent inférieures d’environ 100 pb à leurs niveaux du mois de juin. Les variations des obligations ont été quelque peu limitées par le resserrement des spreads américains à haut rendement.
En ce qui concerne les actions, les prévisions de bénéfices sont restées (étonnamment) stables. Compte tenu des niveaux actuels et théoriques des bénéfices tendanciels à ce stade du cycle, les valorisations nous semblent élevées.
Par exemple, un retour à la tendance des bénéfices des actions américaines entraînerait une baisse de 20 % des performances totales, alors qu’un retour à mi-chemin de la tendance suggérerait un repli d’environ 12 %. Après sa correction récente, l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, semble désormais moins débridé, y compris par rapport à l’ensemble du marché américain, mais nous pensons que ce segment reste particulièrement vulnérable à un scénario de hausse des taux.
S’agissant des actions, la Chine et le Japon font figure d’exception. Compte tenu de leurs valorisations attractives, nous avons décidé de les privilégier. Puisque nous faisons preuve de prudence à l’égard de l’Europe, nous sommes donc globalement neutres vis-à-vis des actions (cf. Tableau ci-dessous).
Concernant les marchés obligataires, le Royaume-Uni se trouve sans doute dans « l’œil du cyclone » avec une inflation galopante et des pressions très fortes sur la politique monétaire. Selon les anticipations, le taux directeur (bank rate) devrait atteindre un pic à 4,5 % d’ici six mois, au moment où les taux directeurs américain et européen devraient atteindre leur plus haut. Dans ces deux régions, les pics de taux sont attendus respectivement à 4 % et à un peu plus de 2 %.
Au Royaume-Uni et aux États-Unis, des baisses de taux sont anticipées peu après, alors qu’en Europe, on ne sait toujours pas si la BCE inversera la trajectoire de ses hausses de taux d’intérêt à l’horizon de cinq ans.
Opinions à l’égard des classes d’actifs, à fin août
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