Perspectives concernant les petites capitalisations américaines

Les perspectives concernant les petites capitalisations américaines semblent meilleures aujourd’hui qu’elles ne l’ont été ces dernières années. Cela s’explique par une combinaison de plusieurs facteurs : le cycle de réduction des taux d’intérêt américains (les petites capitalisations ayant tendance à en bénéficier), des valorisations attractives et la tendance d’une part aux relocalisations, et d’autre part, aux fusions et acquisitions.   

Petites capitalisations et baisse des taux d’intérêt

La Réserve fédérale américaine (Fed) a entamé son virage accommodant en septembre et a poursuivi l’assouplissement de sa politique monétaire en novembre. Comme vous pouvez le voir sur le graphique 1, la performance boursière des petites capitalisations a été corrélée à l’évolution des attentes en matière de taux directeurs au cours des 12 derniers mois. Lorsque les anticipations de taux directeurs de la Fed deviennent plus accommodantes, les petites capitalisations surperforment.

Ce phénomène est probablement dû au fait que le coût de la dette diminue davantage pour les petites capitalisations, car elles ont généralement une proportion plus élevée de dettes à taux variable que les sociétés à grande capitalisation. La baisse des taux directeurs devrait également avoir pour effet, à l’approche de 2025, de renforcer la confiance des dirigeants, réduire le coût du capital et soutenir l’activité de fusions et acquisitions (M&A).

Les valorisations des petites capitalisations devraient s’avérer attractives

Les ratios cours/bénéfice des petites capitalisations se sont redressés par rapport à leurs plus bas niveaux et se rapprochent désormais de leur moyenne à long terme de 17 fois (en excluant les sociétés dont les bénéfices sont négatifs). Par rapport aux indices des grandes capitalisations, les multiples cours/bénéfices des petites capitalisations semblent relativement faibles ; ils sont actuellement inférieurs de 11 % à la moyenne (voir graphique 2).

Comme prochaine étape, nous nous attendons à ce que les bénéfices entraînent à la hausse les cours des actions à petite capitalisation. Or les analystes s’attendent à une solide croissance des bénéfices : 15 % cette année et plus de 30 % en 2025 et en 2026. Soit plus que le taux de croissance à long terme, attendu à 13 % (voir graphique 3).

Bien que les prévisions de bénéfices soient souvent optimistes, nous pensons qu’avec un atterrissage en douceur ou un scénario « sans atterrissage » pour l’économie américaine, elles ne devraient pas être très éloignées de la réalité. Si les taux de croissance des bénéfices les plus élevés s’avèrent réalistes, les valorisations devraient s’améliorer.

L’avance des mégacapitalisations technologiques devrait se réduire

Quatre grandes entreprises technologiques (Amazon, Google, Meta et Nvidia1) ont généré l’essentiel de la croissance récente des bénéfices sur le marché américain. Cela a entraîné la surperformance du NASDAQ 100, à forte composante technologique, du Russell 1000 Growth des petites capitalisations et, dans une moindre mesure, du S&P 500 au sens large.

Les bénéfices de ces quatre grandes entreprises ont augmenté de 70 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2024, contre seulement 6 % pour les 496 autres entreprises du S&P500. Cet écart devrait se réduire (voir graphique 4) et, s’il en est ainsi, ce devrait être également le cas pour l’écart de performance boursière.

Tendances favorables pour les petites capitalisations en 2025

Pendant des décennies, suite à l’admission de la Chine au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, les entreprises américaines ont mis l’accent sur l’externalisation de la production vers des pays à moindres coûts afin d’accroître leurs bénéfices. Il s’en est suivi une stagnation de la production industrielle aux États-Unis, tandis qu’elle augmentait fortement en Chine.

Nous pensons que cette tendance pourrait s’inverser dans les années à venir. Pendant la pandémie, le fait d’avoir sa fabrication et ses chaînes d’approvisionnement loin de chez soi a représenté des difficultés pour les entreprises américaines et beaucoup cherchent désormais à relocaliser leur production.

La montée des tensions géopolitiques et le protectionnisme sont d’autres catalyseurs, renforcés par le soutien financier découlant du « CHIPS Act », pour les usines de semi-conducteurs, et de l’« Investment and Jobs Act », la loi sur l’investissement dans les infrastructures et l’emploi du gouvernement fédéral américain.

Nous pensons qu’un cycle pluriannuel de dépenses d’investissements en lien avec des initiatives de relocalisation est à venir. Les petites capitalisations américaines, tributaires des investissements et des cycles économiques nationaux, devraient bénéficier de cette tendance.

Les dépenses d’ordre technologique dans les centres de données (une composante clé de l’infrastructure sur laquelle repose la « course à l’armement » en matière d’intelligence artificielle (IA)), stimulent non seulement les ventes de GPU (Graphical Processing Unit, processeurs dédiés au traitement graphique avancé), mais également les revenus de nombreuses entreprises, moins connues, de matériel, de logiciels, de matériaux, du secteur de l’industrie ou même de services publics.

Ces dépenses d’investissement sont financées en grande partie par les bénéfices d’autres entreprises technologiques qui dépensent pour développer leur activité, plutôt que d’accumuler des liquidités ou d’augmenter le bénéfice par action (BPA) via des rachats d’actions.

Les fusions et acquisitions représentent un autre facteur favorable potentiel pour les petites capitalisations.

Avec la baisse des taux d’intérêt qui allège le fardeau de la dette, les inquiétudes qui s’estompent quant aux perspectives économiques et à l’incertitude politique, maintenant que les élections américaines sont derrière nous, le flux de transactions devrait s’améliorer. Les acheteurs stratégiques évaluent continuellement les opportunités d’innovation ou de bouleversement de l’existant et sont peut-être maintenant mieux en mesure de mettre en œuvre leurs projets.

Conclusion

Nous prévoyons l’émergence d’un certain nombre de facteurs favorables pour les petites entreprises américaines, dans un contexte où la Fed se tourne vers l’assouplissement monétaire, où les bénéfices se redressent, et les distorsions de valorisations se corrigent. Ces inflexions du marché pourraient être renforcées par les tendances en matière de production locale ou de relocalisation d’une production délocalisée, ainsi que par une reprise des activités de fusions et acquisitions. 

1 Mentionné à titre indicatif uniquement. Ceci ne constitue pas une recommandation d’achat ou de vente de titres. BNP Paribas Asset Management peut décider de détenir ou non des positions sur ces valeurs.

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