Obligations à rendement absolu dans un monde incertain

Dans un environnement marqué par une incertitude macroéconomique persistante et une inflation difficilement prévisible, la visibilité sur l’orientation future des politiques monétaires demeure limitée. Dans ce contexte, les investisseurs recherchent des stratégies capables de générer des rendements réguliers tout en accordant une place centrale à la protection du capital. Les stratégies mondiales d’obligations à rendement absolu s’inscrivent pleinement dans cette approche, en offrant un cadre d’investissement flexible et dynamique, adapté aux conditions de marché actuelles.

Nous exposons ci-après les raisons pour lesquelles cette classe de stratégies nous paraît particulièrement pertinente face à l’environnement auquel les investisseurs pourraient être confrontés en 2026.

Les spécificités des obligations à rendement absolu  

Les stratégies d’obligations à rendement absolu visent à produire des performances positives et régulières sur l’ensemble des cycles de marché, avec une attention soutenue portée à la maîtrise des risques et à la protection du capital.

Contrairement aux stratégies obligataires traditionnelles, souvent contraintes par des indices de référence ou des allocations géographiques prédéfinies, une stratégie d’obligations à rendement absolu bénéficie d’une grande liberté d’investissement sur l’ensemble de l’univers obligataire mondial. Cette flexibilité permet aux équipes de gestion d’identifier les opportunités là où elles se présentent et d’éviter les segments de marché pour lesquels le profil risque-rendement apparaît moins attractif.

Un profil risque-rendement attractif

Les stratégies mondiales d’obligations à rendement absolu présentent un profil risque-rendement intéressant par rapport aux segments obligataires plus traditionnels.

Notre stratégie a pour objectif de générer une performance supérieure à celle des liquidités – de l’ordre de 2,5 % par an avant frais, sur un cycle de marché – tout en visant à limiter les pertes sur une période glissante de douze mois à environ 2,5 %. Ces objectifs s’inscrivent dans une discipline de gestion rigoureuse, particulièrement pertinente dans un contexte où les perspectives d’inflation, de croissance et la fonction de réaction des banques centrales demeurent hautement incertaines.

La protection du capital comme socle de la stratégie

La protection du capital représente l’un des piliers des stratégies d’obligations à rendement absolu.

En périodes de stress ou de volatilité accrue des marchés, cette priorité accordée à la préservation des actifs des investisseurs revêt une importance particulière. Les investisseurs ont en effet besoin de solutions capables de s’adapter à une grande diversité d’environnements de marché.

Notre stratégie d’obligations à rendement absolu est conçue dans cette optique : chercher à délivrer une performance positive, indépendamment de l’orientation des marchés.

Une gestion active et dynamique de la duration

L’une des caractéristiques distinctives de la stratégie réside dans la gestion active de la duration[1], laquelle peut évoluer dans une fourchette comprise entre -4 et +4 ans. Cette flexibilité permet à la stratégie de s’adapter à différents régimes de taux d’intérêt, qu’il s’agisse de phases de baisse ou de hausse des rendements obligataires.

À l’automne dernier, par exemple, la stratégie a maintenu une exposition globalement neutre au risque de taux, combinant une sous-pondération des obligations japonaises et américaines avec une surpondération de la dette souveraine britannique. Plus récemment, l’équipe de gestion a renforcé son exposition au risque de taux sur certains marchés, notamment en Nouvelle-Zélande – où une hausse des taux nous semble intégrée de manière prématurée par les marchés – ainsi qu’au Royaume-Uni, où les anticipations d’assouplissement de la politique monétaire nous paraissent sous-estimées.

La valeur relative au cœur de l’allocation

Dans le cadre de l’allocation aux taux d’intérêt, les gérants privilégient actuellement des stratégies de valeur relative, telles que la surpondération des obligations néo-zélandaises par rapport aux obligations canadiennes. Cette approche reflète la conviction que les arbitrages de valeur relative offrent, dans l’environnement actuel, des opportunités attractives en termes de couple rendement-risque, sans nécessiter de paris directionnels marqués.

Dans l’ensemble, le portefeuille affiche un positionnement prudent. L’exposition au risque a été réduite de manière proactive à l’entrée dans la nouvelle année, notamment par la prise de bénéfices sur certaines positions, l’allègement des expositions les plus sensibles aux conditions de marché et le maintien d’une surpondération de la duration.

Anticiper la volatilité et se projeter dans la durée

Les principaux marchés obligataires affichaient une volatilité relativement modérée à la fin de l’année 2025, en partie en lien avec l’épisode de « shutdown » du gouvernement fédéral américain à l’automne. Nous anticipons néanmoins un regain de volatilité au premier trimestre 2026, susceptible de faire émerger de nouvelles opportunités d’investissement.

Dans ce contexte, et dans la mesure où de nouvelles baisses de taux sont anticipées dans certains pays, tels que le Royaume-Uni ou le Brésil, la stratégie pourrait conserver une surpondération du risque de taux au cours du premier semestre 2026. Aux États-Unis, la Réserve fédérale pourrait être amenée à réduire ses taux directeurs à plusieurs reprises afin de soutenir le marché de l’emploi et l’activité économique, un scénario susceptible de favoriser une pentification de la courbe des taux – un thème d’investissement clé pour la stratégie.

Positions tactiques sur les devises et le crédit

Au Japon, les perspectives suggèrent une poursuite du processus de normalisation de la politique monétaire. Cette conviction se traduit par une surpondération du yen face au dollar américain. Selon notre analyse, le yen présente actuellement un couple rendement-risque plus attractif que certaines expositions aux marchés de taux, tandis que le dollar pourrait s’inscrire dans une phase d’affaiblissement en cohérence avec les priorités de l’administration américaine.

En dehors des marchés de la dette souveraine, les titres adossés à des prêts immobiliers garantis par des agences demeurent l’une des allocations privilégiées de la stratégie, en raison de leur portage positif et de facteurs techniques favorables.

S’agissant du crédit, la stratégie conserve un positionnement sous-pondéré sur les obligations d’entreprises. L’équipe de gestion demeure toutefois prête à accroître l’exposition en cas d’élargissement des primes de risque, en ciblant de manière sélective les opportunités offrant des fondamentaux solides et des valorisations attractives.

Le rôle des obligations à rendement absolu en 2026

Dans un environnement caractérisé par une incertitude persistante, notre stratégie mondiale d’obligations à rendement absolu constitue, selon nous, une solution pertinente pour les investisseurs à la recherche de rendements réguliers, d’une gestion rigoureuse des risques et d’une flexibilité accrue.

Grâce à sa capacité à identifier et à exploiter des opportunités sur l’ensemble des marchés obligataires mondiaux, la stratégie dispose des atouts nécessaires pour faire face aux défis potentiels de 2026. Pour les investisseurs soucieux de préserver leurs portefeuilles tout en tirant parti des opportunités offertes par les marchés obligataires, les obligations à rendement absolu sont susceptibles de jouer un rôle structurant au sein des allocations cette année.

[1] Contrairement aux stratégies à duration fixe, cette approche consiste à allonger la duration lorsque les rendements obligataires sont appelés à reculer et à la réduire lorsque les taux sont orientés à la hausse, dans le but d’optimiser le profil rendement-risque de la stratégie. 

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