Les indicateurs économiques les plus récents nous paraissent soutenir pleinement le scénario d’un atterrissage en douceur de l’économie de la zone euro, lequel associe une croissance faible et un ralentissement de l’inflation. Cet environnement est favorable aux titres à revenu fixe.
Les investisseurs sont donc nombreux à s’interroger sur le moment le plus opportun pour augmenter le risque de taux d’intérêt. Selon Alberto Talero, gérant des obligations d’État de la zone euro, c’est clair : le moment opportun est arrivé.
Mon argumentaire en faveur de l’augmentation du risque de taux d’intérêt s’appuie tant sur des raisons fondamentales que sur des raisons techniques. Fondamentalement, la baisse de l’inflation devrait à mon avis se poursuivre lentement, jusqu’à atteindre l’objectif d’inflation des 2 % de la Banque centrale européenne (BCE) d’ici la fin 2024. Au niveau technique, il semble exister une asymétrie des prix si l’on examine le nombre de réductions de taux de la BCE prises en compte par le marché.
Un optimisme justifié en ce qui concerne l’inflation des services
En nous intéressant de plus près à l’évolution de l’inflation des services, qui est étroitement liée à la croissance des salaires, nous observons des motifs d’optimisme.
En zone euro, les données sur l’augmentation des salaires négociés du dernier trimestre 2023 ont montré un ralentissement de la croissance de 4,7 % à 4,5 % au troisième trimestre. En particulier, cette hausse des salaires ne s’accompagne pas d’un accroissement de la consommation, qui alimenterait les tensions inflationnistes. En outre, une désinflation implique, par définition, une élévation du taux d’intérêt réel, c’est-à-dire à une politique monétaire de plus en plus restrictive, ici en présence d’une croissance relativement faible.
Enfin, les analyses indiquent que les marges bénéficiaires des entreprises se maintiennent à des niveaux supérieurs à la moyenne des années prépandémie, quoique légèrement à la baisse. Cette tendance suggère que les entreprises absorbent davantage qu’autrefois les hausses de salaires : elles amoindrissent les répercussions de la hausse des coûts sur le consommateur et contribuent donc moins à l’inflation. Compte tenu de ce scénario, nous pensons que la BCE abaissera graduellement ses taux d’intérêt jusqu’à atteindre un taux neutre d’environ 2 %.
Se protéger d’une éventuelle matérialisation des risques ?
D’un point de vue technique et de valorisation, le marché reste fidèle à un scénario de conte de fées dit de « Boucles d’or », selon lequel l’inflation diminue peu à peu alors que le rythme de la croissance s’accélère. Les investisseurs en viendraient probablement à acheter des actifs risqués tels que les actions ou le crédit.
Du point de vue de la valorisation boursière, nous atteignons un resserrement élevé des écarts de crédit par rapport aux obligations d’État. Le risque est donc asymétrique, et sa matérialisation dégraderait la croissance. Aux niveaux actuels, les rendements des obligations souveraines nous offriraient la protection nécessaire face à une chute brutale de la croissance.
Enfin, au cours des premiers mois de l’année, le marché est passé d’un extrême, intégrant jusqu’à 6, voire 7 baisses de taux par la BCE en 2024, à un autre, n’en intégrant aujourd’hui que 3 à 4.
Conclusion pour l’investisseur prudent
Nous pensons que le marché se rapproche d’un nouvel extrême qui le voit anticiper un lent ralentissement de l’inflation, et donc une diminution tout aussi lente des taux directeurs par la BCE.
Étant donné l’inflation actuelle et nos prévisions en la matière pour 2024 et 2025, nous croyons en la pertinence stratégique d’entamer une hausse progressive du risque de taux d’intérêt. Cette approche fait profiter les investisseurs des taux d’intérêt (nominaux et réels) actuels, qui nous semblent attrayants du point de vue de la valorisation.
En investissant aujourd’hui dans des obligations, nous tirons parti non seulement de taux relativement élevés, mais aussi de la réalisation de plus-values futures si, en ligne avec nos pronostics, ces taux d’intérêt diminuent en cours d’année.
À propos de l’Euro Government Bond de BNP Paribas
- Fonds phare de l’équipe obligataire, avec plus de 1 700 millions d’euros sous gestion.
- Diversification dans la dette publique, les émetteurs supranationaux, les agences et les collectivités régionales.
- Combinaison de stratégies descendantes (risque de taux d’intérêt, courbe des taux, écarts de taux) et ascendantes (transactions de valeur relative, marchés primaires) contribuant à diversifier les sources d’alpha.
- Fonds également diversifié au travers de stratégies sur dérivés, qu’il s’agisse de swaps d’inflation ou de swaps de taux d’intérêt, d’options ou de contrats à terme, en vue de mieux optimiser sa gestion active.
- Fonds Article 8 selon le règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation), incluant minimum 20 % d’investissements durables. Le règlement SFDR est une réglementation européenne visant à améliorer la transparence sur les produits d’investissement durables, à prévenir le greenwashing et à accroître la transparence autour des revendications de durabilité faites par les participants du marché financier. Il vise également à renforcer les obligations de transparence concernant les enjeux ESG que les professionnels de la gestion d’actifs prennent en compte pour concevoir les placements qu’ils proposent.