Les actions indiennes surclassent les marchés émergents grâce au rebond de l'économie et à l’intérêt des investisseurs nationaux

La progression de 9,3 % de l’indice MSCI India en juillet, soit plus que tous les autres indices des marchés émergents, a confirmé la confiance croissante envers les actions indiennes des investisseurs nationaux, qui cherchent à diversifier leur épargne via les actions et aux dépens des supports plus traditionnels que sont l’or, l’immobilier et les obligations.

La dissipation des craintes d’une hausse marquée des taux d’intérêt et la dynamique soutenue de la croissance économique (Graphique 1) au mois de juillet ont entraîné un solide rebond de tous les secteurs. La production manufacturière a enregistré en juillet son rythme de progression le plus rapide depuis huit mois, sous l’effet d’une croissance généralisée dans tous les secteurs d’activité.

Des politiques publiques pro-croissance

Même si des statistiques mensuelles solides ne suffisent pas à garantir les performances à long terme, la vigueur globale de l’économie reflète l’objectif du gouvernement indien de faire passer l’économie de 3 000 à 5 000 milliards de dollars d’ici 5 à 7 ans. Cela équivaut à un taux de croissance annuel nominal composé de 10 à 12 %.

Le plan du gouvernement pour accélérer la croissance du PIB s’appuiera  sur plusieurs moteurs : 

  • un essor de l’industrie manufacturière reposant sur des mécanismes incitatifs liés aux niveaux de production et une augmentation des exportations
  • une stratégie visant « à faciliter l’activité des entreprises » en encourageant les échanges, le commerce et l’emploi
  • relance du cycle des dépenses d’investissement du pays
  • le programme « Logement pour tous »
  • la promotion des initiatives portant sur le changement climatique et les énergies vertes renouvelables. 

En l’état actuel des choses, nous pensons que l’économie est en bonne passe pour résister à la volatilité des marchés mondiaux liée aux risques géopolitiques, notamment.

Les réserves de change du pays dépassent aujourd’hui 600 milliards de dollars. L’inflation est élevée mais devrait ralentir au second semestre de l’année. Sur le plan budgétaire, la trajectoire est positive comme en témoigne le revenu de la taxe sur les biens et services, qui a atteint 1 490 milliards de roupies indiennes en juillet, en hausse de 28 % par rapport à l’année précédente, grâce à l’amélioration du reporting des entreprises et de la reprise économique.

Compte tenu des efforts initiés par l’Inde pour atteindre une croissance durable au cours des cinq prochaines années, les bénéfices des entreprises devraient en moyenne doubler sur la même période (cf. Graphique 2).

Les investisseurs souhaitant s’exposer aux actions indiennes ont l’embarras du choix. Le marché actions du pays est évalué à 3 500 milliards de dollars, dans le top 7 mondial, et plus de 100 entreprises affichent une capitalisation boursière supérieure à 1 milliard de dollars. Les entreprises de petite et moyenne capitalisation représentent environ 30 % du marché et on décompte plus de 500 start-up et sociétés entrepreneuriales présentes dans 25 secteurs.

Évolution du profil des investisseurs

Depuis quelque temps, on observe un intérêt croissant de la part des investisseurs nationaux. Cette tendance a plus que compensé la chute de la collecte auprès des investisseurs institutionnels étrangers depuis le début de la pandémie.

Il y a encore peu de temps, ces investisseurs étaient considérés comme le pilier des marchés indiens. Nous constatons aujourd’hui un regain de confiance chez les particuliers indiens, qui cherchent à diversifier leur épargne et leurs investissements en délaissant les supports traditionnels que sont l’or, l’immobilier et les obligations au profit des actions.

Cette tendance tient à plusieurs facteurs : les campagnes de sensibilisation des investisseurs, l’amélioration des performances globales des actions, l’augmentation des revenus et de l’épargne, l’accroissement de la population active et les initiatives du gouvernement en matière de numérisation.

Conséquence, le nombre de comptes d’investisseurs individuels détenant des actions ou des fonds communs de placement sous format électronique ne cesse d’augmenter.

Non seulement les actions commencent à être privilégiées par les petits porteurs indiens, mais elles sont également détenues sur des périodes de temps plus longues que les autres actifs : 43,6 % des avoirs en actions sont détenus pendant plus de 24 mois. Le nombre de comptes-titres a plus que doublé entre 2020 et aujourd’hui (Source : NSDL, CDSL, estimations de JPMorgan).

Les investisseurs institutionnels étrangers sont vendeurs nets d’actions des marchés émergents depuis le début de la pandémie, mais les actions indiennes ont bien résisté grâce au soutien des investisseurs locaux.

Des performances en phase avec la croissance des bénéfices 

  • Ces dix dernières années, les performances des actions indiennes ont été en phase avec la croissance des bénéfices des entreprises, lesquels ont augmenté au même rythme que le PIB nominal
  • Au cours des cinq prochaines années, les bénéfices devraient plus que doubler, dépassant la croissance du PIB nominal
  • À moyen terme, les performances des actions devraient refléter la croissance des bénéfices des entreprises, si les valorisations restent stables. 

Les dernières réformes du gouvernement – notamment dans les domaines de la fiscalité, de la terre et du travail – ainsi que la réorientation de sa stratégie, aux dépens des mesures d’austérité et au profit de la croissance et de l’expansion budgétaire et monétaire, commencent à porter leurs fruits. Ces tendances devraient être de bon augure pour les actions indiennes dans les mois et années à venir.

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