Un nouveau rapport du groupe de recherche quantitative de BNP Paribas Asset Management explore les stratégies d’investissement thématique. Cette approche cible les mégatendances à long terme qui transforment les économies, la société et les modèles d’affaires. Deux extraits du rapport vous seront présentés ; en voici le premier. En six questions, il aide les investisseurs à comprendre l’attrait de l’investissement dans les mégatendances, mais aussi l’éventail de ces investissements et leurs risques.
Qu’est-ce que l’investissement thématique ?
L’investissement thématique consiste à choisir des sociétés qui promeuvent ou bénéficient d’un changement structurel dont on prédit qu’il entrainera progressivement des répercussions significatives sur les économies et les modèles d’affaires. Les tendances d’investissement thématique transcendent les régions, les secteurs industriels et les styles d’investissement, et sont pour cette raison appelées « mégatendances ». Parmi elles, citons :
- les changements démographiques,
- les évolutions sociales et des mentalités,
- le changement climatique,
- la raréfaction des ressources,
- les déséquilibres économiques,
- les progrès technologiques,
- les changements réglementaires ou politiques.
Ces évolutions offrent des opportunités d’investissement attractives, mais comme à l’accoutumée, elles vont de pair avec des considérations de risques et de portefeuille.
L’investissement thématique suscite-t-il de l’intérêt ?
Malgré de récentes difficultés, l’investissement thématique est promis à un bel avenir. Selon les données de Morningstar, les actifs mondiaux sous gestion dans les fonds thématiques atteignaient 579 milliards de dollars à la fin juin 2024, en forte hausse par rapport aux 112 milliards de dollars une décennie plus tôt. En Europe, ces actifs s’établissaient à 336 milliards d’euros, contre 54 milliards d’euros dix ans auparavant.
Si les fonds thématiques s’intéressent généralement aux actions, une tendance croissante démontre une adhésion à des thèmes relevant de titres à revenu fixe et d’autres classes d’actifs.
Une enquête menée par Greenwich Associates auprès d’investisseurs institutionnels rapporte qu’environ 60 % des personnes interrogées investissent déjà dans des titres à revenu fixe dans le cadre de stratégies d’investissement thématique durable, et 50 % dans des titres alternatifs.
L’investissement thématique concerne-t-il uniquement les entreprises de croissance ?
Lors d’un investissement en actions ou en obligations d’entreprise, l’accent n’est pas forcément mis uniquement sur la croissance. En effet, certaines thématiques sont accessibles au travers d’actifs « défensifs », notamment les infrastructures publiques.
À noter que lors de l’évaluation d’un fonds thématique à gestion active, tout biais de style dépendra aussi de l’approche d’investissement du gestionnaire de fonds. En recherchant des sociétés liées à un thème, un gestionnaire peut être sujet à un biais favorisant les grandes ou les petites capitalisations, ou la valeur plutôt que la croissance.
Que peuvent être ces thèmes ?
Un thème inclut par exemple un groupe d’entreprises capables de perturber un secteur précis en raison d’avantages – de coûts ou de taille – dont elles disposent. Les nouveaux produits et services sont également de grandes sources d’influence, de même que la protection réglementaire. Chaque développement susceptible de conférer un atout majeur à des entreprises en leur permettant de perturber une industrie peut constituer la base d’un thème.
Ces dernières années, la mondialisation, les tendances de réglementation et de déréglementation, la numérisation, l’innovation et la transition énergétique ont été les fondements sur lesquels se sont construits les thèmes d’investissement. Ces évolutions ont joué un rôle prépondérant et ont rendu certaines industries vulnérables aux perturbations.
Quels en sont les risques ?
L’investissement thématique est une forme de gestion active de portefeuille. Les portefeuilles thématiques peuvent être concentrés dans seulement quelques entreprises qui se profilent pour l’avenir comme les chefs de file d’une mégatendance particulière. La composition du portefeuille peut sensiblement différer de celle de l’indice : les stratégies portant sur des entreprises spécialisées (« pure players ») peuvent donc conduire à des portefeuilles dont l’écart de suivi est élevé par rapport aux indices traditionnels à large capitalisation boursière.
Comme nous l’avons mentionné, l’investissement thématique actif crée souvent des biais en faveur de secteurs, pays ou styles d’investissement. Certaines prédispositions peuvent influencer considérablement l’écart de suivi.
Après examen de la composition de l’écart de suivi et de l’indice du marché, il apparaît qu’une partie de cet écart peut résulter d’une concentration sur un nombre limité de secteurs concernés par ce thème.
Cet écart provient aussi du fait que l’investissement ne s’effectue pas dans toutes les actions des secteurs ciblés, mais uniquement dans une sélection d’entreprises qui devraient à l’avenir bénéficier le plus des bouleversements technologiques tendanciels.