L’année 2025 s’est achevée dans un brouillard d’incertitude macroéconomique en raison du shutdown. Malgré cette incertitude, la Réserve fédérale américaine a procédé en décembre à sa troisième baisse de taux d’intérêt consécutive, confortant les investisseurs dans l’idée d’un environnement parfait : ni trop froid, c’est-à-dire sans crainte de récession, ni trop chaud, c’est-à-dire sans s’inquiéter d’un resserrement imminent de la politique monétaire et des conditions financières.
Croissance américaine à deux vitesses
La croissance américaine a dépassé les 4 % en rythme annuel au troisième trimestre et pourrait être tout aussi forte au quatrième trimestre, selon la Fed d’Atlanta. Cette vigueur d’ensemble masque le double visage de l’économie américaine : les ménages à faibles revenus et les petites entreprises peinent et ont besoin de mesures de soutien, tandis que le reste de l’économie se porte bien, notamment grâce à des bénéfices des entreprises toujours solides.
La politique monétaire au centre de l’attention en 2026
En 2026, la politique monétaire américaine demeure un soutien crucial à la poursuite de la hausse des marchés boursiers, après trois années de marché haussier et avec des valorisations déjà élevées. La nomination par le Président Trump du prochain Président de la Réserve fédérale est donc au centre de l’attention, et nous anticipons qu’un candidat loyal présagera d’un assouplissement accru de la politique monétaire.
Positifs sur les actions
Dans ce contexte, nous maintenons une surpondération significative des actions. Au-delà de notre diagnostic macroéconomique favorable, nous suivons l’évolution du sentiment des investisseurs et leur positionnement, afin d’estimer le potentiel de nouveaux flux d’investissement vers ou hors du marché actions. Les investisseurs discrétionnaires se sont montrés réticents à prendre davantage de risque et leur position agrégée est à peine au-dessus de la neutralité. Nous constatons que les brèves hausses de volatilité récentes ont réduit les positions systématiques, qui étaient à des niveaux élevés, tandis que les investisseurs discrétionnaires seront probablement contraints de suivre la tendance haussière du marché, en partant de niveaux d’exposition prudents. Cela signifie que, sauf nouveau choc, nous anticipons que les investisseurs vont renforcer leur positionnement en actions.
Cap sur les actions européennes
Si nous conservons une forte allocation aux actions mondiales, nous l’avons fait avec un souci de diversification des risques. Nous avons notamment accru notre allocation à la zone euro et à son secteur financier. Bien que nous soyons convaincus que les actions américaines peuvent encore progresser significativement malgré les inquiétudes liées à leurs valorisations élevées, nous privilégions un potentiel de hausse plus important à court terme en Europe, où les enquêtes de conjoncture auprès des entreprises ont fortement rebondi. Les banques européennes devraient bénéficier de cette accélération économique, mais aussi de la pentification de la courbe des taux, qui stimule leurs marges d’intérêts.
Un contexte favorable aux actifs risqués
En résumé, la combinaison d’un soutien accru de la Réserve fédérale américaine, de mesures de relance budgétaire aux États-Unis, mais aussi dans la zone euro, au Japon et peut-être en Chine, et la résilience des résultats des entreprises, créent un contexte favorable aux actifs risqués en ce début d’année 2026. L’ensemble de ces éléments est de bon augure pour la performance des portefeuilles multi-actifs bien diversifiés cette année.