Dans cet article, nous nous penchons sur la modification du règlement relatif aux fonds européens d’investissement à long terme (ELTIF 2.0), la dernière évolution des fonds d’investissement alternatifs (FIA) de l’UE. La première version de cette structure de fonds datait de 2015 et visait à financer l’économie réelle en acheminant des capitaux d’origine non bancaire vers des projets d’infrastructure à long terme et des PME[1].
Le règlement ELTIF 2.0 crée de nouvelles opportunités d’investissement dans des actifs privés au moyen d’une structure de fonds de type ouvert, dont le but est de favoriser la démocratisation des investissements.
Ce règlement présente certains changements par rapport à la mouture précédente (ELTIF 1.0). Selon nous, il offre l’environnement idéal pour les stratégies d’allocation d’actifs privés.
Plusieurs de ces changements visent à faciliter l’accès des investisseurs particuliers aux actifs privés, par exemple en différenciant explicitement les ELTIF réservés aux professionnels de ceux destinés aux particuliers par un abaissement des barrières et une diminution des restrictions à l’investissement, et en permettant à ces ELTIF d’être structurés comme des fonds ouverts.
Le nouveau règlement a également une incidence significative sur la structuration et la distribution des fonds intégrant des stratégies de crédit privé.
Dans notre article, nous passons en revue la nouvelle directive et ses opportunités d’investissement supplémentaires, en nous concentrant tout particulièrement, au sein du segment des actifs privés, sur le crédit privé.
Investissements dans le crédit privé
Nous commençons par examiner les risques et rendements associés aux investissements dans le crédit privé, les avantages de son intégration dans des fonds multi-actifs et les considérations stratégiques qui sous-tendent les investissements dans des fonds exposés au crédit privé.
La crise financière mondiale de 2008 a servi de catalyseur à l’expansion rapide des marchés du crédit privé, remodelant le paysage du financement et suscitant un intérêt accru pour les autres canaux du crédit.
Nous débattons des sources de risque et de rendement de l’investissement dans le crédit privé, notamment la prime de risque d’illiquidité, la prime de risque de duration, le rôle de l’effet de levier dans les investissements dans le crédit privé et son potentiel d’augmentation des rendements, ainsi que des opportunités offertes par les stratégies de crédit privé pour lisser les rendements et générer des revenus constants.
Nous pensons qu’il y a lieu d’investir dans des fonds ouverts où le crédit privé constitue une composante clé. Parmi les avantages, citons une augmentation des rendements ajustés au risque.
Avantages des investissements dans le crédit privé
- Rendement brut plus élevé : le crédit privé a un rendement brut plus élevé que les obligations à haut rendement ayant la même notation, grâce à la prime de rendement qu’il offre.
- Perte de crédit plus faible : les investissements dans le crédit privé sont assortis de caractéristiques structurelles (par exemple, des clauses) qui offrent une plus grande protection en cas de baisse ainsi que des taux de recouvrement plus élevés que les obligations non garanties traditionnelles présentant la même notation.
- Volatilité plus faible : le crédit privé est moins volatil que les obligations à haut rendement et génère, par conséquent, des rendements plus stables à long terme.
- Diversification : le crédit privé est moins corrélé aux classes d’actifs traditionnelles comme les actions et les obligations. Il offre une diversification en réduisant la volatilité et en augmentant les rendements d’un portefeuille traditionnel.
Référence
[1] Petites et moyennes entreprises