Comprendre l’impact réel des obligations sociales et durables

Pour les amateurs de titres à revenu fixe investisseurs obligataires qui souhaitent investircherchent  dans des actifs financiers aux retombées positives pour les personnes et populations les moins nantieplus modestes, les obligations sociales et durables peuvent offrir des solutions efficaces, écrivent Malika Takhtayeva et Xuan Sheng Ou Yong.

Une distinction claire mérite d’être établie entre les obligations sociales et les obligations durables. Les obligations sociales lèvent des fonds pour des projets, des actifs ou des activités dont bénéficient des individus et des organisations. Il s’agit notamment d’améliorer l’accès à des services essentiels tels que les soins de santé et l’éducation, mais aussi de proposer des logements abordables ou des infrastructures de base, de créer des emplois, de renforcer la sécurité alimentaire et de favoriser le progrès socio-économique et l’autonomisation.

Les obligations durables, quant à elles, mobilisent à chaque émission individuelle des fonds pour des projets, des actifs et des activités à finalité tant sociale qu’environnementale.

À noter que les investisseurs en obligations durables et sociales peuvent s’attendre à un rendement identique ou similaire à celui obtenu pour des obligations conventionnelles comparables. L’attrait de ces obligations réside dans les avantages environnementaux et sociaux positifs qu’elles procurent, ce qui nous porte à dire que faire le bien ne coûte pour ainsi dire rien à l’investisseur.

Stabilité des émissions malgré l’incertitude mondiale

Les émissions d’obligations sociales n’ont cessé de croître à partir de 2017, et ont même presque décuplé après la pandémie de Covid-19. Les gouvernements, les banques de développement, les agences et les entreprises ont utilisé cet instrument pour contribuer au financement de projets sociaux, non seulement en réponse à la pandémie et aux dépenses qui en ont découlé, mais aussi lors de la reprise qui a suivi.

Les volumes d’émission d’obligations sociales et durables sont restés stables à environ 300 milliards d’euros en 2022 et 2023 (graphique 1). Cette stabilité nous rassure, au regard des incertitudes nées de la pandémie et des conflits géopolitiques en Ukraine et au Moyen-Orient.

La constance des émissions défie également peut étonner face à la volatilité des rendements obligataires taux d’intérêt : l’indice MOVE, qui mesure la volatilité des obligations souveraines américaines sur l’ensemble de la courbe et dont la moyenne était de 85,8 points sur 20 ans, s’est élevé à 118 points en 2023.

Nous y voyons le signe que les émetteurs, investisseurs, structureurs d’obligations et autres parties de l’écosystème financier continuent de voir en dans les obligations sociales et durables un format pertinent à intégrer aux projets d’émissions obligataires des émetteurs.

Contrairement aux projets, actifs et activités vertes, les projets sociaux sont plus difficiles à identifier au sein des modèles opérationnels des émetteurs. Il est par exemple entendu qu’un fabricant d’acier pourrait avoir moins de grands projets sociaux à financer qu’une banque de développement dont le mandat est d’apporter des résultats positifs à la société.

Graphique 1
Émissions d’obligations sociales et durables

Source : Bloomberg NEF, BNP Paribas Asset Management, février 2024.

Notre évaluation de l’impact des obligations sociales

Afin d’évaluer plus facilement l’impact social de ces obligations, la plateforme sur la finance durable de l’Union européenne a publié un projet de taxonomie sociale en juillet 2021. Si cette initiative facilite certainement l’identification des activités contribuant significativement aux objectifs sociaux, elle ne prévoit aucune mesure pour déterminer l’ampleur de la contribution de chaque activité à la réalisation de ces objectifs. À l’heure actuelle, la taxonomie reste à l’état de projet et aucun calendrier clair ne prévoit son officialisation sous la forme d’un règlement.

Chez BNPP AM, nous avons développé notre propre méthodologie d’évaluation des obligations sociales, convaincus de la pertinence de les différencier en matière d’ambition, de spécificité et d’intégrité. 

  • L’« ambition » concerne la détermination de l’émetteur à contribuer à la réalisation d’objectifs sociaux particuliers et la voie qu’il entend poursuivre en développant ses activités pour atteindre ces objectifs.
  • La « spécificité » concerne l’identification de populations cibles particulières et des difficultés sociales qu’elles rencontrent, et que l’émetteur prévoit d’atténuer grâce au produit.
  • L’« intégrité » concerne les processus et les systèmes de gestion régissant l’utilisation du produit de l’obligation, l’atténuation des risques liés aux projets associés, ainsi que la mesure et le devoir d’information relatifs au programme d’émission d’obligations sociales. 

Le niveau de recommandation que nous attribuons à chaque obligation sociale (et durable) évaluée est positif lorsque l’obligation dépasse nos attentes minimales ; neutre lorsque l’obligation satisfait simplement nos attentes ; et négatif lorsqu’elle ne les atteint pas. Pour en savoir plus sur notre méthode d’évaluation des obligations sociales, consulter (en anglais) notre Méthodologie des obligations sociales.

Comprendre l’impact

Notre dernier rapport se penchant sur l’impact des obligations sociales fournit des informations détaillées issues de notre analyse de la performance. Cette analyse a porté sur 580 obligations sociales et durables et a examiné l’utilisation réelle de leurs produits, la répartition entre les catégories d’utilisation des produits et les répercussions positives connexes observées.

Les informations sont ventilées par région, mais aussi en fonction de la catégorie sociale ou environnementale, de l’objectif de développement durable (ODD) des Nations Unies ciblé et de l’impact des activités sociales ou environnementales financées. Le graphique 2 présente nos catégories d’utilisation sociale et environnementale des produits.

Notre rapport d’impact présente aussi de nombreux exemples de l’efficacité d’obligations sociales spécifiques émises par certains émetteurs souverains et entreprises en Europe et dans le monde. Les projets sociaux financés par ces obligations ont ainsi permis de réduire la pauvreté en accordant des allocations de chômage, en assurant aux ménages à faible revenu un accès à l’éducation, et en leur proposant des logements abordables grâce à des projets de logements sociaux à prix raisonnables.

Le rapport décrit en outre des exemples d’engagement auprès d’émetteurs obligataires, une démarche précieuse pour acquérir une compréhension directe des objectifs et défis sociaux en jeu.

Pour lire le rapport complet sur l’impact des obligations sociales, cliquez ici.

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