Actions asiatiques – Investir dans la seule zone de croissance au monde

Les actions asiatiques se sont inscrites en forte hausse cette année et l’indice MSCI Asia Ex Japan a surperformé les indices MSCI World et MSCI USA. Cette progression est certes due aux performances solides des actions chinoises, mais aussi aux gains de grands marchés régionaux tels que Taïwan et la Corée du Sud. 

Ce sont surtout les marchés actions des pays du nord de l’Asie qui ont soutenu la région, les pays du sud et l’Inde ayant sous-performé depuis le début de l’année. Cette tendance s’explique en grande partie par la meilleure gestion de la pandémie de COVID-19 de la part des pays du nord. Le taux de mortalité a été relativement modeste car les systèmes de santé de la majorité des pays asiatiques ont réussi à absorber sans trop d’encombres le pic des patients.

Les mesures budgétaires et monétaires sans précédent visant à lutter contre la récession économique provoquée par la pandémie et les mesures de distanciation sociale ont aussi soutenu les performances des marchés actions. La dette des États a sensiblement augmenté et les seuils budgétaires habituels ont été dépassés dans toute l’Asie en raison des mesures prises pour juguler la crise sanitaire et compenser le ralentissement économique.

Les marchés actions ont aussi bénéficié des décisions des banques centrales. L’assouplissement inédit de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine a permis à ses homologues asiatiques de déployer également des mesures sans précédent, sans pénaliser leurs devises. La banque centrale indonésienne a par exemple décidé d’acheter des emprunts d’État. En temps normal, ce comportement aurait dû entraîner d’importantes sorties de capitaux, mais cela n’a pas été le cas.

Il est encore trop tôt pour anticiper une évolution radicale des chaînes d’approvisionnement

Il est permis de rester raisonnablement optimiste sur les perspectives. L’Asie est toujours le moteur de la croissance mondiale et la Chine, en particulier, reste incontournable pour le commerce mondial. Le continent asiatique sera la seule région du monde à enregistrer une croissance du PIB en 2020 et 2021. L’émergence d’importants flux commerciaux intra-asiatiques a donné aux économies une base solide et leur a permis de résister à la contraction de l’activité économique mondiale.

Cette situation va-t-elle évoluer en raison d’une réorganisation des chaînes d’approvisionnement ? C’est un sujet d’actualité depuis deux ans et demi. Un « cessez-le-feu commercial » a été décrété entre les États-Unis et la Chine. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Nous avons constaté que la part de la Chine a augmenté dans le commerce mondial mais qu’elle a diminué dans le commerce américain. Ces tendances sont dues en partie aux grands travaux d’infrastructures lancés par les autorités chinoises au cours des dernières décennies et à la croissance de la consommation intérieure. Par conséquent, des pays sont devenus plus dépendants de la Chine.

Certains d’entre eux pourraient profiter de la nécessité de réduire le poids de la Chine dans les chaînes d’approvisionnement. Toutefois, compte tenu de l’importance de la consommation et des exportations chinoises, il faudra pour cela beaucoup de temps. Les autres pays de la région devraient en bénéficier mais les interdépendances sont tout simplement trop importantes pour que la situation évolue à moyen terme.

Perspectives risque/rendement – Les actions asiatiques sont bien positionnées

L’épidémie de Covid-19 a complètement modifié notre manière de travailler, de nous divertir, de vivre même. La pandémie et les mesures de distanciation sociale ont provoqué une contraction historique de l’économie mondiale. Ce scénario a clairement favorisé les entreprises clairvoyantes qui avaient élaboré une stratégie de développement en ligne et qui avaient fait de la logistique une priorité. Cette démarche ne fait peut-être pas rêver, mais elle est essentielle pour qu’une stratégie en ligne soit efficace, et pas seulement en Asie. Les anticipations à long terme, qui justifiaient les perspectives bénéficiaires et les valorisations des entreprises, ont été brutalement remises en cause cette année. Cela a été le cas notamment dans l’immobilier où le taux d’occupation des bureaux est passé sous le seuil des 50 % dans les quartiers d’affaires de Singapour, Hong Kong, Pékin et Shanghai, mais aussi dans l’hôtellerie. C’est là que la recherche fondamentale menée par les gérants de portefeuille permet de distinguer les entreprises qui non seulement survivront dans le nouvel environnement mais aussi continueront à se développer. Pour essayer de prévoir l’évolution des ratios risque/rendement, il convient de tenir compte des conséquences macroéconomiques mais aussi des mesures de politique monétaire. Même en Asie, les rendements obligataires ont atteint des niveaux historiquement bas, parfois très faibles. Dans ce contexte, les allocataires d’actifs et les investisseurs institutionnels à la recherche de rendement – comme les assureurs – n’ont d’autres choix que de s’exposer à des actifs plus risqués, comme les actions. Compte tenu des perspectives de croissance, les actions asiatiques semblent bien positionnées pour en profiter.

Allocation d’actifs : l’Asie devient incontournable

Nous l’avons vu, l’Asie est le principal moteur de la croissance mondiale. C’est également la seule région dont la part dans la capitalisation boursière mondiale a augmenté de façon spectaculaire au cours des dix dernières années, et cela n’est pas fini. Cependant, de nombreux investisseurs sont encore sous-exposés à l’Asie. La région représente environ 20 % de la capitalisation boursière mondiale, mais seulement 4 % de l’indice MSCI World. Grâce à des économies en pleine croissance et à l’augmentation de la richesse des ménages, l’Asie abrite de nombreuses entreprises de nouvelle génération répondant aux besoins des populations locales et présentant des perspectives prometteuses. Les sources de croissance et d’innovation seront désormais à chercher en Asie et les investisseurs auraient tout intérêt à s’exposer davantage aux actions asiatiques.


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