Le marché américain du haut rendement a clôturé 2025 sur une progression de 8,5 %, un chiffre supérieur au résultat affiché par son homologue Investment Grade et qui n’a rien à envier aux performances d’autres titres obligataires. Les actions américaines ont surperformé, mais elles ont été confrontées à une volatilité nettement plus élevée et à de plus fortes pertes que les obligations spéculatives à haut rendement, notamment en avril.
Les performances du haut rendement ont été alimentées par les solides bénéfices des entreprises, le ralentissement de l’inflation, qui a donné lieu à plusieurs baisses de taux de la Réserve fédérale, et une économie globalement résiliente. L’un des thèmes notables a été la décompression observée au quatrième trimestre, suscitée par la crainte de voir survenir certains cas de défaut dans les segments moins bien notés du financement à effet de levier.
Sur le plan technique, d’importants flux représentant environ 18 milliards de dollars en faveur du haut rendement américain ont également stimulé les performances en 2025. Les marchés de capitaux ont été très actifs, avec 332 milliards de dollars de nouvelles obligations à haut rendement émises, soit une hausse de 15 % en glissement annuel. Une légère augmentation des cas de défaut a également été observée, le taux de défaut moyen pondéré des obligations américaines à haut rendement hors échanges contraints s’établissant à 0,99 % en fin d’année, contre 0,34 % fin 2024.
Les niveaux de rendement de l’ensemble du marché américain des titres à haut rendement se sont maintenus dans une fourchette élevée de 6,5 à 8,5 % en 2025, contribuant à la bonne santé de l’environnement de portage, mais ils ont clôturé l’année dans le bas de cette fourchette sous l’effet du recul des rendements des bons du Trésor. De leur côté, les spreads sont restés relativement inchangés durant l’année après s’être resserrés par rapport au pic atteint en avril jusqu’en début 2026, à un niveau une fois de plus légèrement inférieur à 300 points de base.
Perspectives du haut rendement américain
L’année 2026 s’est ouverte sur un marché primaire actif qui a donné lieu à des transactions fortement sursouscrites, signe d’une demande toujours soutenue. L’actualité récente a continué d’être dominée par les priorités du gouvernement américain en matière de politique étrangère. Toutefois, dans la perspective des élections de mi-mandat en novembre, les préoccupations nationales liées au coût de la vie devraient être progressivement privilégiées par le biais d’une série de décrets et de mesures visant à faire baisser les prix de l’énergie.
Quant à savoir si la Réserve fédérale, soumise à des pressions croissantes, apportera un soutien supplémentaire sous la forme de nouvelles baisses de taux, et l’impact qui en résultera sur le profil de la courbe des bons du Trésor, le débat reste ouvert. La politique de la Fed devrait selon nous rester inchangée jusqu’à ce que la situation du marché de l’emploi et de l’inflation se précise.
Cela étant, nous estimons que le contexte reste celui d’une baisse des taux dans la partie courte et médiane de la courbe, ce qui tend à profiter aux classes d’actifs obligataires. Dans l’ensemble, les prévisions de croissance concernant le quatrième trimestre 2025 et l’année 2026 sont revues à la hausse pour les États-Unis, ce qui est favorable au haut rendement.
Les entreprises émettrices de titres à haut rendement devraient également commencer à récolter les fruits de la déréglementation et des mesures budgétaires découlant de la loi dite « One Big Beautiful Bill » adoptée l’an passé, qui encourage les dépenses d’investissement intérieures, réduit les taux d’imposition effectifs et accroît l’efficacité des coûts salariaux. Globalement, les fondamentaux continuent de bien résister, ce qui devrait maintenir les taux de défaut, échanges contraints compris, dans une fourchette gérable de 1 à 3 %, qui reste en deçà des moyennes historiques à long terme.
Dans ce contexte, les spreads devraient rester contenus, même si nous pensons qu’ils pourraient clôturer 2026 dans une fourchette légèrement plus large qu’aujourd’hui, sous l’effet d’une dispersion croissante dans le segment moins bien noté du marché dans son ensemble. Une nouvelle performance équivalente ou supérieure au coupon pour le marché américain du haut rendement semble tout à fait envisageable pour le haut rendement américain en 2026 sur la base des données actuelles.
Quelles sont les opportunités qui se présentent selon nous dans cet environnement ?
Face à l’incertitude qui pèse sur la partie longue de la courbe en raison des pressions budgétaires et de la contagion potentielle liée à la situation des rendements japonais à long terme, nous estimons que les classes d’actifs à duration plus courte, comme le haut rendement, offrent une protection naturelle. Nous continuons notamment à identifier des opportunités potentiellement attrayantes en termes de ratio rendement/risque dans le segment du haut rendement à duration courte ; la disponibilité des capitaux pour faire face aux échéances à court terme a rarement été aussi élevée, et des solutions financières sont même proposées aux entreprises en difficulté.
Selon nous, le principe de « sécurité par l’échéance » reste d’actualité dans de nombreuses structures de capital en raison de l’abondance de l’offre de capitaux sur les marchés du crédit. La duration courte permet également de se protéger contre la volatilité des spreads, de fournir de la liquidité et de capter des rendements attrayants par rapport aux stratégies de duration complète.
Face à la décompression observée ces derniers mois, les titres notés CCC font l’objet d’une forte dispersion pour les stratégies axées sur la recherche de performances plus élevées dans un contexte de négociation tendu. Notre priorité est d’identifier les meilleures idées au sein du segment de marché le plus rémunérateur, même si notre positionnement reste relativement défensif au regard de l’histoire et que nous sommes prêts à prendre des risques en cas de repli du marché.