Actions européennes, levier de croissance et de valeur à long terme

Les valeurs européennes ont fortement surperformé en 2025, les indices régionaux devançant de loin les autres grands marchés.

Depuis le début de l’année, l’indice Euro Stoxx 600 a enregistré une performance de 25 % en USD, contre 16 % pour le MSCI World, 13 % pour le S&P 500 et 16 % pour le Nasdaq.1

Les titres européens ont bien entendu été moins chers que leurs homologues américains. Mais bien que l’écart de valorisation ait diminué par rapport à ses niveaux les plus extrêmes, nous pensons que, dans le contexte actuel marqué par l’amélioration des conditions macroéconomiques et la solidité des engagements politiques à long terme, cette classe d’actifs peut continuer à offrir de la valeur par rapport au marché américain, lequel a franchi de nombreux nouveaux sommets cette année.

Les valeurs européennes continuent d’afficher une fore décote par rapport aux titres américains

Ratio PEG (Price/Earnings to Growth, ratio cours/bénéfice à 12 mois divisé par la deuxième période de croissance du bénéfice par action à 12 mois). Source : Datastream, Goldman Sachs Global Investment Research

Les politiques de soutien alimentent la croissance

Les politiques menées à l’échelle de l’Union européenne (UE) et des différents États sont essentielles pour stimuler la croissance économique et multiplier les opportunités d’investissement dans la région, notamment dans des domaines comme la défense, les télécommunications et l’énergie.

Par exemple, le plan Préparation 2030 de l’UE (ex-ReArm Europe) vise à renforcer les capacités de défense de l’Europe sur fond de conflit ukrainien et à mettre un terme à des décennies de sous-investissement dans le secteur. Le projet prévoit une enveloppe de plus de 800 milliards EUR pour les dépenses militaires, ainsi qu’un mécanisme de prêt de 150 milliards EUR pour les achats et des plans visant à mobiliser des capitaux privés pour soutenir les investissements dans la défense.2

De son côté, l’Allemagne a annoncé un programme de dépenses d’infrastructure et de défense de 500 milliards EUR visant à renforcer ses capacités de défense et à stimuler son économie au travers de projets de financement dans les domaines des transports, de l’énergie, de la recherche et de la numérisation qui contribueront à soutenir le secteur de la défense en Europe à long terme.

Pour sa part, la Commission européenne (CE) s’est engagée à mobiliser au moins 1 000 milliards EUR d’investissements durables en faveur du Pacte vert pour l’Europe de 2019, l’objectif étant de parvenir à la neutralité climatique sur le continent d’ici à 2050, ce qui crée un large éventail d’investissements potentiels dans les domaines des énergies renouvelables, de la technologie, de l’agriculture et des transports.

Parallèlement, le projet d’Union pour l’Épargne et l’Investissement, une initiative de la CE destinée à mieux intégrer les marchés de capitaux européens, vise à créer un écosystème qui dopera la compétitivité et renforcera la capacité du continent à faire face à des enjeux importants comme le changement climatique.

Les dépenses d’infrastructure se renforcent

L’Europe modernise également ses réseaux de services aux collectivités et de distribution d’électricité afin de répondre à l’augmentation de la demande. Selon la Commission européenne, environ 40 % des réseaux européens ont plus de 40 ans et 584 milliards EUR d’investissements vont être nécessaires dans les dix années à venir.3 Le Plan d’action de l’UE pour les réseaux vise à doubler l’infrastructure de transport transfrontalière du continent d’ici à 20303, afin de renforcer les chaînes d’approvisionnement et de satisfaire la demande croissante d’électricité, ce qui, en retour, devrait créer des opportunités pour les investisseurs en actions dans les secteurs des infrastructures et de l’énergie.

De même, dans le cadre du Programme d’action pour la décennie numérique de l’UE, les entreprises de télécommunications ont investi dans la connectivité.4 On observe également une poursuite du mouvement de consolidation sur le marché européen des télécommunications, les opérations de fusions/acquisitions laissant entrevoir la possibilité de voir émerger des acteurs plus puissants et de plus grande envergure. Le fabricant de câbles Prysmian a par exemple récemment racheté une société américaine spécialisée dans la fibre optique, ce qui, selon lui, devrait lui permettre de figurer parmi les principaux fournisseurs de solutions de fibre optique de bout en bout pour les particuliers.5

Des titres de plus en plus attrayants

Depuis le début de l’année, le secteur le plus performant parmi les actions européennes est le secteur bancaire. En août, les actions des banques européennes ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis la crise financière mondiale de 2008, les taux d’intérêt à long terme ayant contribué à faire grimper les bénéfices des banques.6

De son côté, le titre du fabricant français de pneumatiques Michelin se négocie en dessous de sa moyenne à long terme malgré une croissance des bénéfices satisfaisante. Quel que soit le contexte économique général, les véhicules auront toujours besoin de pneus neufs. Or, Michelin est un leader du secteur dont l’envergure et la marque de prestige sont des atouts majeurs.

Enfin, les actions de Publicis, la plus grande agence de publicité au monde en termes de chiffre d’affaires, se négocient en dessous de leur moyenne à long terme, bien que le groupe ait récemment revu à la hausse ses prévisions de croissance annuelle suite au gain de nouveaux contrats.7 Selon nous, les plateformes de données et les outils d’intelligence artificielle de l’entreprise continueront à alimenter sa croissance.

Un contexte économique favorable

Le contexte macroéconomique général s’améliore lui aussi : la zone euro a progressé de 0,1 % au deuxième trimestre (T2), ce qui constitue un ralentissement par rapport à l’expansion de 0,6 % enregistrée au T1, mais une amélioration par rapport à la stagnation à laquelle le marché s’attendait.8 En outre, le sentiment de confiance se renforce, les prévisions du marché concernant la croissance du PIB étant à la hausse.

L’optimisme à l’égard de l’Europe se renforce

Prévisions de croissance cumulée du PIB réel (l’axe des ordonnées indique le pourcentage). Source : EPFR, Haver Analytics, Goldman Sachs Global Investment Research

Ces derniers mois, l’inflation dans la région s’est maintenue au niveau, ou à proximité, de l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne. En comparaison, l’inflation atteint 2,7 % aux États-Unis, et les pressions sur les prix devraient s’intensifier sous l’effet des droits de douane imposés par les autorités américaines.

Le plein impact des droits de douane est encore inconnu, mais l’accord commercial conclu entre l’Europe et les États-Unis en juillet a apporté aux entreprises comme aux investisseurs la clarté dont ils avaient grand besoin. Auparavant, de nombreuses entreprises avaient reporté leurs décisions d’investissement, ce qui avait eu des répercussions sur la croissance économique de l’Europe. Cela étant, les exportateurs européens devront s’accommoder de droits de douane plus élevés qu’auparavant.

Malgré les vents contraires que constituent les droits de douane, l’incertitude géopolitique et le manque de dynamisme de la croissance économique, nous pensons que les actions européennes recèlent encore une valeur considérable. Compte tenu des valorisations attrayantes et des perspectives de consolidation et d’amélioration de la croissance, sans oublier les mesures de relance budgétaire prises par l’Allemagne et l’Union européenne, les raisons d’être optimistes ne manquent pas et le large éventail d’opportunités d’investissement potentielles ne fait que s’accroître.

[1] Source : FactSet, données au 25 Septembre 2025

[2] {https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/BRIE/2025/769566/EPRS_BRI(2025)769566_EN.pdf;ReArm Europe Plan/Readiness 2030}

[3] a. b. {https://ec.europa.eu/commission/presscorner/api/files/attachment/876888/Factsheet_EU Action Plan for Grids.pdf;Factsheet EU Action Plan for Grids}

[4] {https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/priorities-2019-2024/europe-fit-digital-age/europes-digital-decade-digital-targets-2030_en;Europe’s digital decade: 2030 targets | European Commission}

[5] {https://www.prysmian.com/en/media/press-releases/prysmian-closes-the-acquisition-of-channell;PRYSMIAN CLOSES THE ACQUISITION OF CHANNELL}

[6] {https://www.ft.com/content/c75ed243-d9d5-4013-b9b1-6e01617ce70d;European bank shares hit highest levels since 2008}

[7] {https://www.publicisgroupe.com/en/news/press-releases/publicis-groupe-first-half-2025-results;Publicis Groupe: First Half 2025 Results}

[8] {https://ec.europa.eu/eurostat/en/web/products-euro-indicators/w/2-14082025-ap;GDP and employment both up by 0.1% in the euro area}

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