Alors que le nombre mondial de contaminations au Covid-19 avoisine les 30 millions et que le nombre de décès dépasse à présent 930 000, le thème de la résurgence de l’épidémie préoccupe les investisseurs. Leur attention se porte particulièrement sur l’Europe où le nombre de nouveaux cas continue d’augmenter dans plusieurs pays, même si, pour l’instant, les hospitalisations et les décès restent faibles.
Les restrictions imposées par les gouvernements restent limitées dans la zone euro pour l’instant. Toutefois, l’auto-distanciation volontaire et un soutien budgétaire qui deviendra moins important au fil des semaines risquent de peser sur la confiance des entreprises et des ménages. Les nouvelles sur les tests cliniques de plusieurs vaccins ont apporté une lueur d’espoir pour les marchés même si plusieurs mois vont encore s’écouler avant des résultats tangibles.
Dans la zone euro, le nombre de cas identifiés continue d’augmenter – dans les grandes économies comme l’Espagne et la France mais aussi dans la plupart des pays de l’Union européenne. Actuellement, l’augmentation du nombre de cas est principalement observée dans la population jeune mais le nombre de cas est également en hausse pour les plus âgés. Si ces tendances ne s’infléchissent pas rapidement, un reconfinement dans une ou plusieurs des grandes économies ne peut pas être exclu, ce qui aurait des implications négatives évidentes pour la reprise économique.
Revue des marchés et de l’économie
Pour les marchés en général, le soutien des banques centrales, via le mur continu de liquidité, reste le pilier de la stabilité du marché et continue de veiller à l’atténuation des tensions actuelles sur la liquidité. Cette situation se traduit par des conditions financières favorables. Cependant, si les banques centrales peuvent fournir des liquidités, une nouvelle politique budgétaire sera la clé pour éviter l’insolvabilité. Sans soutien budgétaire supplémentaire, une augmentation des insolvités est très probable dans les mois à venir.
Réunion du FOMC
Le 15 septembre, le comité de politique monétaire (FOMC pour Federal Open Market Committee) de la Réserve fédérale américaine a commencé sa première réunion depuis la révision du cadre de sa stratégie monétaire. Il s’agit également de la dernière réunion programmée avant les élections présidentielles américaines du 3 novembre.
Lors de cette réunion, Jerome Powell et ses collègues actualiseront leurs estimations économiques et le « dot plot », le graphique qui matérialise les prévisions du FOMC en matière de taux directeurs. Le cas échéant, ils pourront annoncer des changements des indications sur la politique monétaire future (forward guidance) pour l’objectif des fonds fédéraux et les modalités des achats de titres (QE pour Quantitative easing ou assouplissement quantitatif).
Les prévisions du FOMC devraient traduire une croissance économique plus forte et d’un taux de chômage plus faible par rapport aux chiffres publiés en juin dernier mais le profil de l’inflation sous-jacente ne devrait pas être sensiblement modifié. Il est peu probable que le « dot plot « fasse apparaître des hausses des taux directeurs alors que l’horizon des prévisions a été reculé à fin 2023.
Le FOMC devrait modifier sa forward guidance sur les taux directeurs et le QE, en adoptant des critères explicites pour une première remontée des taux directeurs en lien avec des conditions spécifiques sur l’inflation (par exemple une inflation sous-jacente supérieure à 2 %) et le taux de chômage (en fixant, pourquoi pas, un seuil à 4,5 %). Le FOMC devrait faire clairement comprendre que le QE se poursuivra au rythme actuel pendant encore quelques années plutôt que seulement quelques mois. Si ces changements ne sont pas annoncés en septembre, ils devraient l’être en novembre ou en décembre. Une telle annonce marquera un changement significatif et proactif dans l’approche de la politique monétaire par la Fed.
Les actions se reprennent
Après la correction en début de mois, l’indice Nasdaq a commencé à rebondir (voir graphique ci-dessous), la volatilité s’est stabilisée et les contrats à terme pour octobre sur le VIX (qui prennent en compte le risque lié à l’élection présidentielle américaine du 3 novembre) se sont normalisés mais le marché continue d’incorporer l’incertitude sur le résultat du scrutin. Si le résultat est serré, il existe un risque important de contestation par l’un ou l’autre candidat et donc d’un délai important avant l’annonce d’un vainqueur. Cela pourrait non seulement faire remonter les niveaux de volatilité implicite pour octobre mais aussi pour novembre avec, comme conséquence, une correction de l’indice S&P 500.

Eléments de soutien pour les actifs risqués
Malgré la correction récente des valorisations des actions, les actifs risqués continuent de bénéficier de taux d’intérêt réels américains à 10 ans à des niveaux proches de leurs plus bas historiques et de conditions financières favorables. Dans ce contexte de politique monétaire accommodante, une violente correction des marchés actions semble peu probable. En outre, dans un monde de taux d’intérêt bas, la prime de risque des actions (ERP) continue de plaider pour les actions même après le vif rebond des indices boursiers mondiaux depuis mars. L’Europe reste à la traîne, mais nous pensons que les actions européennes rattraperont leur retard en fin d’année.
Sur les marchés du crédit, les émissions (notamment de la part des entreprises les mieux notés) se font à un rythme très soutenu. Alors que les défauts pourraient se multiplier si le soutien budgétaire faiblit, le cycle des défauts pourrait atteindre un pic. Dans cet environnement, la dispersion entre les émetteurs va rester élevée.
Avec l’accélération de M2 et les politiques monétaires accommodantes, il est probable que le repli du dollar se poursuive. Ce contexte devrait continuer de soutenir les matières premières. À long terme, dans un monde où les dettes sont, peu ou prou monétisées, l’or restera recherché.