On peut voir dans l’hydrogène la réponse au défi de la neutralité carbone, pour autant qu’il puisse être produit sans émettre de CO2 (autrement dit, qu’il soit vert). Ses caractéristiques lui ont valu le surnom de « couteau suisse de la décarbonation »[1] en référence à ses rôles de carburant pour les poids lourds ou les cargos, de générateur d’électricité ou encore de moyen de stockage de l’énergie.
Rien de surprenant donc à ce qu’il figure dans les plans des États pour atteindre des émissions nettes nulles grâce, notamment, à sa capacité à réduire les émissions carbone des secteurs à forte intensité énergétique et « difficiles à décarboner », comme l’acier ou le transport maritime.
L’UE a attribué à l’hydrogène un rôle central dans le cadre de son « Pacte vert » visant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 [2]. Selon les experts, l’hydrogène sera au cœur de la transition énergétique.
Invoquant le besoin d’une électricité et de carburants propres, le gouvernement américain estime que l’hydrogène peut contribuer à une croissance économique durable à long terme. Dans le cadre de sa stratégie baptisée Hydrogen Program Plan, il s’est engagé à développer les technologies capables de faciliter une transition vers l’hydrogène aux États-Unis. L’administration Biden veut doubler voire quadrupler la production et diviser par deux ou trois les coûts de l’hydrogène vert.
Dans son dernier plan quinquennal, la Chine a fait de ce gaz l’une de ses « six industries du futur », indiquant vouloir investir massivement dans l’innovation et le développement de l’hydrogène. Premier émetteur mondial de gaz à effet de serre [3], la Chine s’est fixée pour objectif d’atteindre un pic d’émissions de CO2 avant 2030 et de parvenir à la neutralité carbone d’ici 2060.
L’un des défis est de décarboner la production d’hydrogène. Cela impliquera de passer de l’hydrogène issu du gaz naturel (l’hydrogène gris) à l’hydrogène à faible teneur en carbone (l’hydrogène bleu, avec captage et stockage du CO2 émis lors de la production) et, enfin, à l’hydrogène vert (propre). Ce dernier repose sur l’exploitation de sources d’énergie renouvelables, telles que l’énergie éolienne et solaire (cf. infographie ci-dessous).
Autre défi de taille, comment augmenter à moindre coût la production, le transport et la consommation ? Pour cela, il faudra atteindre un niveau suffisant de production d’énergies renouvelables, assurer un stockage à long terme et à grande échelle de ces énergies et mettre en place des infrastructures de distribution, par exemple en installant des stations de ravitaillement en hydrogène le long des autoroutes.
Consultez notre infographie pour découvrir pourquoi l’hydrogène vert est important et pourquoi les investisseurs devraient s’y intéresser

[1] Source : Julio Friedmann, chercheur au Center on Global Energy Policy de l’université Columbia, dans l’article Biden administration and industry alike see hydrogen as ‘Swiss Army knife’ for eliminating emissions
[2] Voir également « À la une : L’hydrogène – moteur de la révolution verte sur https://ec.europa.eu/info/news/focus-hydrogen-driving-green-revolution-2021-abr-14_fr
[3] Voir aussi China’s hydrogen roadmap: 4 things to know on https://asia.nikkei.com/Spotlight/Caixin/China-s-hydrogen-roadmap-4-things-to-know
Lecture complémentaire :
Quelles technologies pour parvenir à la neutralité carbone ?