Coronavirus – Point hebdomadaire du 01/04/2020

Cet article du blog est la première mise à jour sur notre stratégie COVID-19. Nous ferons tout d’abord un point sur notre évaluation du virus lui-même, puis sur le coût économique de la lutte contre la pandémie. En fin de compte, nous nous pencherons sur les implications pour les marchés financiers et notre stratégie d’investissement.

Il faut malheureusement constater de nouveau que les nouvelles ne s’améliorent pas sur le front de l’épidémie ou seulement très timidement. Après des déceptions en fin de semaine dernière, certains éléments laissent à nouveau espérer que le moment du pic de l’épidémie s’approche en Italie. L’évolution dans d’autres pays européens reste préoccupante et les chiffres aux Etats-Unis sont effrayants, ce qui a conduit les autorités à prolonger les mesures de distanciation sociale jusqu’au 30 avril.

Dans ce contexte, l’attention des investisseurs pourrait se focaliser sur les informations concernant la recherche scientifique sur le virus. Hier, l’annonce d’un « candidat vaccin » par une grande firme pharmaceutique américaine a contribué à la hausse des actions. L’étude clinique de phase 1 (premiers essais sur l’homme) devrait être conduite en septembre 2020. Sous l’hypothèse la plus favorable, le vaccin serait disponible « pour une utilisation d’urgence » début 2021.

Graphique 1 : Nombre cumulé de décès causés par le Covid-19 dans des principaux pays affectés au 01/04/20 (nombre de décès cumulé de J1 à J40, J1 étant le jour où un total de 10 décès a été enregistré).

Source : CEPD

Un exemple à suivre : La Corée du Sud

L’expérience des précédentes épidémies a permis une forte réactivité des pays d’Asie face à un risque connu. L’exemple coréen est le plus convaincant. Le premier cas de Covid-19 dans le pays est signalé fin janvier et les autorités vont très rapidement développer une capacité de tester en masse. Entre début février et le 10 mars, plus de 200 000 tests sont réalisés avec la mise en place de plus de 600 centres de contrôles dans le pays.

Pendant la même période, la France réalise 15 000 tests alors que la date du premier cas est – à deux jours près – la même. En quelques semaines, la Corée est parvenue à la capacité de réaliser 20 000 tests par jour, en isolant les personnes concernées. Cette stratégie a permis d’éviter un blocage complet du pays.

Chine : Rebond plus fort qu’attendu des enquêtes PMI officielles

Graphique 2 : Les enquêtes auprès des directeurs d’achats (PMI) donnent de premières indications sur l’activité du secteur manufacturier en mars, notamment dans les émergents. Si les indices en Chine et à Taiwan, sont parvenus à repasser légèrement au-dessus de 50 (Caixin Markit à 50,1 contre 40,3 en février en Chine), une très nette dégradation a pu être observée ailleurs en Asie et en Europe.

Source : MARKIT, Reuters, BNPP AM

Graphique 3 : Le sentiment économique dans la zone euro a fortement baissé en mars. La Commission européenne, qui publie cette enquête menée du 26 février au 23 mars, prévient que, dans de nombreux pays, les questionnaires ont été récupérés, pour la plupart, avant la mise en place des mesures de confinement.

Source : Commission européenne, BNPP AM

Pourquoi nous pensons que ce n’est pas le moment de vendre

En temps de crise, la tentation est grande d’envisager le pire des scénarios, de se positionner en mode défensif et de se concentrer sur la préservation du capital. Nous pensons que c’est une erreur : ce n’est pas le moment de vendre. La correction a déjà eu lieu et les prix des actifs ont déjà intégré la pandémie voire la panique.

Les valorisations des actions commencent à être attrayantes : notre tableau de bord des valorisation dans les différentes zones géographiques est passé du rouge au vert. L’indice des actions S&P 500 a chuté d’environ un tiers, reflétant une baisse des prévisions de bénéfices et une diminution du ratio C/B (cours/bénéfice) malgré des rendements obligataires beaucoup plus faibles.

De nouvelles baisses des prévisions de bénéfices constituent un risque de recul des valorisations – en particulier dans un scénario incluant de nombreuses fermetures – mais l’augmentation significative de la prime de risque sur les actions pourrait servir d’amortisseur en cas de mauvaises nouvelles sur les bénéfices.

En tant qu’investisseurs à long terme, nous devons décider d’une position sur le coût humain, social et économique global du virus, puis comparer ce point de vue aux niveaux actuels du marché. Les prix semblent s’être emballés, sur fond de panique et de marchés chaotiques. Les valorisations commencent à devenir intéressantes et nous cherchons à ajouter du risque, pas à le réduire.

Denis Panel, CIO MAQS, et Marina Chernyak, senior economist and coordinator of COVID-19 research

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