Le secteur du recyclage du plastique est relativement récent, et peut être complexe au premier abord. Outre les difficultés techniques, un équilibre doit être trouvé entre ses avantages et ses inconvénients. Il convient également d’influer sur le comportement des consommateurs s’il l’on veut parvenir à augmenter les volumes de plastique recyclé. Comprendre ces différents obstacles est crucial pour libérer efficacement le potentiel que représente ce secteur.
Le plastique est présent dans tous les aspects de notre vie. Cette omniprésence découle de sa polyvalence en matière de design, de l’étendue de ses fonctionnalités à tout type de température, de son excellent rapport résistance/poids et enfin, de sa durabilité.
Les tendances macroéconomiques suivantes ont par ailleurs contribué à son essor : la croissance démographique, la croissance économique, en particulier dans les marchés émergents, la demande croissante de plastique à usage unique et les avancées technologiques à grande échelle, en particulier les ordinateurs et les téléphones portables.
Sa production en masse s’est accompagnée d’un phénomène de pollution à grande échelle et d’une dispersion de déchets plastiques dans la nature. Les États-Unis en sont le plus important contributeur à l’échelle de la planète, selon un rapport du Congrès américain de 2021, avec près de deux fois plus de déchets plastiques produits que la Chine, et plus que l’ensemble de toute l’UE.
En ce qui concerne les fabricants, moins de 60 entreprises mondiales sont responsables de plus de la moitié de la pollution plastique mondiale.
Une pollution ayant des effets à 360 degrés
Le plastique pénètre dans l’air au travers de l’incinération, des embruns marins et de la poussière des villes. Parallèlement, il pénètre dans les cours d’eau par les débordements d’égouts, les détritus, la gestion inadéquate des déchets, etc. Sur terre, les sols agricoles sont susceptibles de recevoir de plus grandes quantités de microplastiques que l’océan n’en récolte.
Mais les effets néfastes sur l’environnement ne s’arrêtent pas seulement aux déchets rejetés. Son incinération génère du CO2 ; les décharges par enfouissement contribuent également au changement climatique. La production du plastique elle-même dégage des gaz à effet de serre à travers la perturbation des sols, l’extraction, le transport, etc.
Cette pollution impacte la flore et les organismes terrestres et marins. La santé humaine est ainsi affectée, par le biais d’ingestion ou d’inhalation de plastique, ou encore par des inflammations, etc.
La lutte contre les dommages causés par le plastique doit impliquer toutes les parties prenantes et pourrait consister en des mesures telles que l’interdiction des produits en plastique inutiles et la réduction de sa production. Il s’agira de transformer les mentalités vis-à-vis du plastique, en les faisant évoluer de la culture du « extraire-transformer-consommer-jeter » à celle du « réduire-réutiliser-recycler ».
Recyclage mécanique et recyclage avancé
Examinons le sujet de plus près. Il existe deux façons de recycler le plastique :
Tout d’abord, le recyclage dit mécanique, qui consiste à collecter les déchets plastiques, puis à les laver, les sécher, les broyer et enfin, les faire fondre, afin de produire des granulés de plastique recyclé, pouvant ensuite être utilisés pour fabriquer de nouveaux emballages. Il existe de nombreux fournisseurs, œuvrant aussi bien dans la production de plastique recyclé à usage alimentaire que non-alimentaire, et à mesure que les taux de recyclage augmentent, on s’attend à ce que l’offre progresse da façon à répondre à la demande croissante de ces produits.
La deuxième méthode est le recyclage dit avancé, qui se décline en trois processus différents :
- Pyrolyse : ce processus thermique utilise de très hautes températures pour décomposer le plastique en molécules de plus petite taille telles que le gaz, le pétrole et le charbon. Il ne récupère pas directement les éléments constitutifs du plastique, les monomères.
- Dépolymérisation : ce processus chimique décompose le plastique à l’aide de réactions chimiques spécifiques (impliquant souvent de la chaleur, des solvants ou des catalyseurs) pour le reconvertir en monomères.
- Purification : il s’agit de dissoudre le plastique en un solvant, puis de séparer et de purifier le mélange pour en extraire les additifs et les colorants, afin d’obtenir in fine des polymères.
Parmi les avantages des processus de recyclage avancés se trouvent le fait qu’ils peuvent être répétés indéfiniment, que tous les contaminants sont éliminés, et qu’ils permettent de produire des matériaux ayant les mêmes propriétés et la même conformité alimentaire que le plastique traditionnel. La capacité actuelle est limitée, mais elle devrait augmenter en 2025 et au-delà.
Le recyclage avancé peut jouer un rôle majeur dans l’atteinte des objectifs en matière de polymères recyclés : McKinsey estime qu’il pourrait répondre à 4 à 8 % de la demande totale de polymères d’ici 2030, en hausse notable par rapport à la quantité d’aujourd’hui (proche de zéro).
Deux éléments défavorables
Cependant, deux éléments défavorables pénalisent actuellement le secteur du recyclage du plastique :
- Carences au niveau de la matière première
La récupération du plastique en vue de son recyclage s’avère très coûteuse et son approvisionnement de manière régulière à grande échelle, difficile. La collecte des déchets plastiques est très fragmentée. L’absence de possibilités adéquates de tri au sein même de leur quartier peut exacerber les problèmes rencontrés par les consommateurs.
- La viabilité économique
De manière générale, le coût du recyclage du plastique est supérieur au coût de sa fabrication. Cependant, l’acceptation d’un prix à payer plus élevé pour des produits recyclés progresse. Les majorations de prix varient également considérablement entre les différents types de plastique et le niveau de difficulté de leur recyclage.
Alternatives au plastique
- Les bioplastiques
Les bioplastiques, comme le PLA, sont fabriqués à partir de plantes telles que le maïs ou la canne à sucre. Les matières biologiques peuvent être transformées en acides polylactiques pouvant être utilisés pour l’emballage des aliments. Ce dernier peut également être conçu à partir de micro-organismes ; cette utilisation est souvent rencontrée dans le domaine des dispositifs médicaux. Les bioplastiques produisent moins d’émissions que les plastiques traditionnels, car il n’y a pas d’augmentation nette du dioxyde de carbone lorsqu’ils se décomposent.