Révéler la valeur au sein des obligations high yield en euros

POINTS CLÉS :

  • Les fondamentaux des entreprises sont solides et les anticipations de défaut restent modérées, mais la dispersion croissante entre les secteurs fait émerger des gagnants et des perdants distincts.
  • Les risques liés aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, à l’imprévisibilité de la politique commerciale américaine, aux disruptions induites par l’IA et à un possible ralentissement de la consommation rendent plus essentielle que jamais la capacité à réagir rapidement et avec flexibilité aux évolutions des marchés ou du contexte macroéconomique.
  • Des conditions techniques favorables (flux entrants soutenus, dynamisme de la création de CLO et offre nette limitée) soutiennent la résilience des spreads.

Malgré des pics récents de volatilité, le segment des obligations spéculatives à haut rendement (High yield ; HY) continue d’attirer la demande des investisseurs. Historiquement, les rendements ont tendance à être supérieurs à ceux des obligations investment grade ou souveraines, tandis que la volatilité est inférieure à celle des actions. Cela a contribué à maintenir l’intérêt pour les stratégies high yield en euros depuis le début de l’année.

Cet appétit accru pour le risque reflète plusieurs catalyseurs positifs. En effet, la classe d’actifs semble avoir surmonté les inquiétudes du début de l’année 2025, lorsque la perspective de droits de douane américains et l’incertitude entourant la trajectoire des taux d’intérêt dans la zone euro pesaient sur le sentiment de marché. Le high yield en euros reste dans une phase dominée par le portage, où le revenu, plutôt qu’une compression supplémentaire des spreads, constitue le principal moteur de performance.

Performance fondée sur des bases solides

Les performances récentes du high yield reposent sur des fondamentaux d’entreprise solides. Les entreprises européennes, toutes tailles et tous secteurs confondus, sont sorties de la période de turbulences post‑Covid avec des bilans sains au regard des cycles précédents. Les anticipations de défaut demeurent faibles en termes historiques, avec des tensions concentrées sur les émetteurs les plus fragiles ou les plus marginaux.

Les perspectives macroéconomiques demeurent, par ailleurs, favorables. L’économie de la zone euro a progressé à un rythme supérieur aux attentes, avec une croissance de 0,3 % au cours des trois derniers mois de 2025. Selon les prévisions du Fonds monétaire international, ce rythme de croissance devrait se poursuivre au cours des douze prochains mois.[1] L’inflation dans la zone s’est établie fin 2025 en ligne avec l’objectif officiel de 2 %, et la Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir ses taux inchangés tout au long de l’année.

Naturellement, plusieurs risques et facteurs défavorables potentiels pourraient engendrer des perturbations, non seulement sur le segment du high yield, mais plus largement sur les marchés financiers européens. Le degré d’imprévisibilité demeure élevé en matière de politique commerciale et étrangère américaine. Un ralentissement de la consommation pourrait freiner la croissance, tandis que le développement rapide de l’intelligence artificielle crée de nouvelles lignes de fracture. Enfin, le conflit au Moyen‑Orient fait peser des risques accrus sur les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement mondiales. L’ampleur du choc sur les marchés énergétiques dépendra probablement de la durée du conflit.

Un marché dominé par le portage

À première vue, les spreads sont serrés et, compte tenu du stade actuel du cycle, leur potentiel de resserrement supplémentaire semble limité. Malgré un pic déjà atteint, les rendements demeurent attractifs et nettement supérieurs à ceux des obligations souveraines et investment grade, offrant ainsi un coussin de revenu intéressant.

Le contexte technique renforce cette perspective. Les flux vers le high yield européen évoluent au‑dessus de leur tendance de long terme, avec des entrées en janvier 2026 largement supérieures aux normes saisonnières. La création de CLO s’est montrée dynamique, les CLO allouant désormais jusqu’à 20 % de leurs portefeuilles aux obligations high yield.

Dans le même temps, le marché européen du high yield s’est contracté d’environ 15 % au cours des deux dernières années, sous l’effet des rehaussements vers l’investment grade, de la migration des obligations vers les prêts, ainsi que de la génération de trésorerie par les entreprises.

La dispersion crée des opportunités

Une autre évolution notable sur le marché du high yield en euros est la hausse de la dispersion, c’est‑à‑dire l’écart de performance relative entre les obligations les plus performantes et les moins performantes. En période de forte dispersion, la sélection des émetteurs devient un moteur clé de performance et, si la croissance du PIB de la zone euro a été soutenue ces derniers mois, elle masque l’émergence de gagnants et de perdants distincts au sein de la région.

Du côté des éléments positifs, les entreprises des secteurs des infrastructures et de l’industrie devraient bénéficier de l’expansion budgétaire allemande, tandis que le secteur de la chimie pourrait suivre avec un décalage, à mesure que la surcapacité chinoise se résorbe. L’immobilier européen, délaissé durant le cycle de resserrement monétaire, affiche désormais des valorisations attractives, alors que les volumes de transactions repartent à la hausse et que les émetteurs proposent des conditions favorables aux porteurs d’obligations pour les extensions de maturité.

Mais la dispersion fait également émerger des perdants. Les sociétés de logiciels sont confrontées à des risques de disruption liés à l’intelligence artificielle, et les secteurs fortement exposés aux chaînes d’approvisionnement demeurent vulnérables à une augmentationdes droits de douane. Cette performance hétérogène entre secteurs et notations fait de la sélection des émetteurs — plus encore que l’allocation globale de marché — le principal levier de création de performance.

Les avantages d’une approche active

Dans un contexte de spreads serrés et de dispersion croissante, les investisseurs peuvent être amenés à repenser leur approche du crédit high yield. L’environnement actuel se prête à une stratégie active et flexible, capable d’identifier des titres sous‑valorisés et de réagir rapidement aux évolutions de marché.

L’un des attraits majeurs du marché du high yield en euros réside dans la diversité qu’il offre — non seulement en termes de qualité de crédit, mais aussi de résilience des modèles économiques et de valorisation. Pour des gérants expérimentés, des opportunités existent plus bas dans la structure du capital, où des obligations subordonnées d’émetteurs bien notés peuvent offrir une exposition à bêta élevé.

Avec des spreads de crédit à des niveaux historiquement bas, les gérants doivent accorder une importance accrue à l’identification des titres présentant le plus fort potentiel de surperformance. Une focalisation rigoureuse sur la sélection des émetteurs — soutenue par un cadre de gestion des risques robuste et discipliné — constitue la clé du succès à long terme.

Un rôle distinctif dans la construction de portefeuille

Au sein des portefeuilles obligataires comme multi‑actifs, le high yield en euros peut offrir une diversification précieuse en donnant accès à un segment de l’univers obligataire généralement plus risqué, mais moins sensible aux variations des taux d’intérêt. Les obligations high yield ayant en général des maturités plus courtes que les crédits investment grade ou les obligations souveraines, leur valeur fluctue moins en réponse aux changements de politique monétaire.

Par ailleurs, même dans un contexte de spreads serrés, les obligations high yield peuvent encore bénéficier d’un potentiel d’appréciation du capital. Des événements spécifiques aux émetteurs, tels que des opérations de fusion‑acquisition, des relèvements de notation ou une amélioration de la performance opérationnelle, peuvent soutenir les prix. Ainsi, une allocation au high yield permet de déplacer le risque des grands facteurs macroéconomiques vers des dynamiques sectorielles ou propres aux émetteurs.

 Chez BNP Paribas Asset Management, le succès de notre stratégie Euro High Yield Bond repose sur un processus d’investissement distinctif, combinant une sélection des émetteurs en approche bottom‑up et une analyse macroéconomique top‑down. De manière unique, nos gérants de portefeuille exercent également le rôle d’analystes crédit. Cela leur permet de disposer d’une compréhension approfondie des facteurs de risque actuels et potentiels, tout en étant capables de réagir rapidement aux évolutions des marchés ou de l’environnement économique.

Notre philosophie d’investissement vise à révéler la valeur issue des erreurs de valorisation et des inefficiences de marché. Nos gérants allouent le risque de manière sélective, uniquement lorsque la rémunération attendue est jugée suffisante. Un cadre de gestion des risques complet est mis en œuvre pour analyser les opportunités, construire les portefeuilles et suivre la performance dans la durée. Nous plaçons également la durabilité au cœur de notre approche, afin de mieux maîtriser les risques et d’identifier de nouvelles sources de création de valeur.

Pour en savoir plus sur la stratégie Euro High Yield Bond de BNP Paribas Asset Management.

[1] https://www.imf.org/en/publications/weo/issues/2026/01/19/world-economic-outlook-update-january-2026

En ce jour, 19/3/2026, le conflit au Moyen-Orient n’a pas justifié de changements majeurs de nos perspectives macroéconomiques ni de nos recommandations d’investissement. Afin de suivre notre analyse des événements influençant les marchés, rendez-vous sur Viewpoint : https://viewpoint.bnpparibas-am.com

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