Etes-vous vraiment prêts pour l’été ?

Un nouveau mois de hausse hésitante des actions, marqué par des interrogations sur la politique monétaire américaine et par des inquiétudes sur la progression du variant Delta. Les perspectives économiques restent toutefois favorables comme le montre l’amélioration continue des enquêtes d’activité et de la confiance des ménages.

Le scénario d’une resynchronisation de la reprise au second semestre s’affirme, ce qui se traduit notamment par une hausse des cours des matières premières (+11 % pour le baril de pétrole WTI en juin). Le commerce mondial continue à se redresser, plus rapidement que ce qui était envisagé, entraînant des goulets d’étranglement dans le transport et la production et des pressions haussières sur les prix des entrants.

La réouverture des économies se poursuit grâce à l’accélération des campagnes de vaccination, en particulier en Europe continentale.

Le variant Delta : un invité un peu trop insistant

Les avancées de la vaccination avaient fait refluer le risque sanitaire aux yeux des investisseurs mais la hausse du nombre de contaminations dans plusieurs pays (Royaume-Uni, Australie, Israël, Portugal, …) a recommencé à peser sur les actifs risqués fin juin.

En contraignant les gouvernements à retarder la fin des mesures restrictives ou à durcir à nouveau les conditions de circulation, le variant Delta, cette forme plus contagieuse du virus, a rappelé que le combat contre l’épidémie de Covid-19 n’était peut-être pas tout à fait terminé.

Les études concluent généralement à une efficacité des vaccins contre les variants, en ce sens qu’ils limitent les formes graves de la maladie et les hospitalisations, et c’est bien ce qui a été constaté jusqu’à présent. Le retour à la normale sera peut-être un peu retardé mais la perte d’activité sera sans commune mesure avec ce qui a été observé lors des précédentes vagues de la pandémie.

L’adieu à la reflation ?

Les variations observées sur les marchés financiers au cours des dernières semaines reflètent une certaine fébrilité alors que les investisseurs font peu à peu le deuil du scénario « reflationniste ».

L’idée de voir les banques centrales consentir au passage durable de l’inflation au-dessus de leur objectif semble en effet remise en question par les derniers commentaires de la Réserve fédérale américaine (Fed). Par ailleurs, les comités de politique monétaire sont manifestement traversés par des courants opposés, sources de déclarations parfois contradictoires qui augmentent la perplexité des investisseurs.

La réduction des achats de titres dans le cadre de l’assouplissement quantitatif (tapering) devrait être progressive et prudente et la Fed va s’efforcer d’annoncer ses intentions en la matière longtemps à l’avance.

Ce n’est d’ailleurs pas la confirmation par Jerome Powell du début des discussions sur le tapering qui a pesé sur les marchés mais bien la perspective d’assister à une hausse des taux directeurs plus précoce que prévu.

Les actions, entre croissance, inflation et virus

Compte tenu du contexte économique favorable, les actions mondiales, qui avaient été perturbées à la mi-juin par ces considérations sur la politique monétaire de la Fed, se sont reprises avant de perdre à nouveau un peu de terrain en toute fin de période en raison des inquiétudes sanitaires.

L’indice MSCI AC World en dollars termine en hausse de 1,2 % par rapport à fin mai, de 6,9 % au deuxième trimestre et de 11,4 % au premier semestre. Sur chacune de ces périodes, les actions émergentes, pénalisées par la remontée des taux longs américains puis par l’émergence de foyers de contaminations dans des régions qui avaient été jusqu’alors plutôt épargnées, ont sous-performé. En juin, l’indice MSCI Emerging en dollars a terminé pratiquement inchangé (-0,1 %) avec une légère sous-performance des actions asiatiques. Sa progression trimestrielle ressort à 4,4 % et sa hausse depuis le début de l’année à 6,5 %.

L’indice S&P 500 a établi de nouveaux records en juin et termine le mois à près de 4 300 points, en hausse de 2,2 %. L’indice du Nasdaq composite, qui avait baissé en mai, a retrouvé sa tendance haussière et s’est hissé à un nouveau sommet fin juin (+5,5 % par rapport à fin mai). Les actions américaines ont surperformé les grands indices des pays développés : les actions européennes ont gagné 0,6 % (indice Eurostoxx 50) tandis qu’à Tokyo l’indice Nikkei 225 a terminé en légère baisse (-0,2 %) et l’indice élargi Topix est parvenu à gagner 1,1 %. Au niveau mondial, les plus fortes hausses ont été enregistrées par les valeurs technologiques (logiciels, matériel, semi-conducteurs).

Des fragilités à court terme

L’environnement économique favorable devrait se traduire par une amélioration des perspectives bénéficiaires des entreprises. Les actions paraissent ainsi en mesure de résister à la remontée des taux longs que les banques centrales s’efforceront, de toute façon, de limiter ou de canaliser.

D’éventuelles anticipations d’une inflation beaucoup plus élevée de manière durable semblent être les seuls éléments endogènes de nature à faire dérailler ce scénario en provoquant de violentes et brusques tensions sur les taux longs.

A court terme, nos indicateurs de suivi des conditions de marché traduisent les hésitations des investisseurs en montrant notamment que la récente hausse des indices s’est faite dans des volumes assez modestes et dans des configurations plutôt fragiles d’un point de vue technique.

Par exemple, lorsque le S&P 500 a atteint de nouveaux sommet fin juin, seulement 6 % des actions le composant ont fait de même, ce qui constitue une participation très faible à la hausse de l’indice.

Une correction des actions offrirait des niveaux d’entrée plus attractifs.


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