1. Des valorisations attrayantes
Le caractère attrayant des valorisations est un argument de poids en faveur des actions européennes, lesquelles se négocient actuellement avec une forte décote par rapport à leurs homologues américaines.
Le ratio cours-bénéfice à 12 mois de l’indice MSCI Europe se situe actuellement à 14,6x, soit légèrement au-dessus de la moyenne de 14x observée depuis 1987. En revanche, aux États-Unis, les valorisations sont proches de leurs sommets historiques, avec 22x les bénéfices anticipés.
En Europe, le rendement moyen du dividende avoisine les 3,3 %, un chiffre nettement supérieur à la moyenne d’environ 1,3 % observée aux États-Unis.
Figure 1: Les valorisations sont bien plus faibles pour les actions européennes.
Ratio cours/bénéfice sur les douze mois suivants

Données au 26 Août 2025. Sources: IBES, FactSet, BNP Paribas Asset Management
2. Une reprise des bénéfices prometteuse
Les perspectives concernant les bénéfices des actions européennes sont plus prometteuses qu’elles ne l’ont été depuis de nombreuses années. Les estimations consensuelles relatives à la croissance des bénéfices pour les deux prochaines années laissent entrevoir une nette amélioration des résultats par rapport à 2025, comme le montre la figure 2.
Les gains attendus sont particulièrement élevés dans certains secteurs comme la biotechnologie, avec une hausse de 34 % du bénéfice par action (BPA) pour la période 2027/2026, les semi-conducteurs (24 %), l’aéronautique et la défense (17 %).
Figure 2 : La croissance des bénéfices devrait rebondir fortement au cours des prochaines années.
Croissance du BPA d’une année sur l’autre

Données au 26 Août 2025. Sources: FactSet, BNP Paribas Asset Management
3. Une hausse sans précédent des dépenses militaires et d’infrastructure en Europe
La campagne du président américain Donald Trump en faveur d’un meilleur partage du fardeau de la défense a porté ses fruits. Un consensus existe désormais parmi les pays de l’OTAN quant à la nécessité de consacrer 5 % du PIB à la défense (au sens large du terme). Selon nos estimations, la hausse des dépenses militaires pourrait doubler le taux de croissance du PIB réel dans l’ensemble de la région.
De son côté, l’Allemagne a lancé une initiative majeure en matière d’infrastructures et de défense qui prévoit des investissements de 500 milliards EUR au cours des 12 prochaines années dans des secteurs comme les infrastructures, le bâtiment, les énergies renouvelables, la santé et la défense. Pour l’Allemagne comme pour l’Europe, qui rechigne traditionnellement à engager des dépenses pour stimuler la croissance, il s’agit là d’un changement radical. Compte tenu de l’existence d’importantes capacités inutilisées au sein de l’économie, ces dépenses devraient influer de manière significative sur le taux de croissance du continent.
Figure 3: Le PIB devrait augmenter à travers l’Europe.
Croissance du PIB réel

Données au 26 Août 2025. Sources: BNP Paribas Asset Management.
La quête d’autonomie stratégique est devenue une priorité centrale pour l’Europe. Des plans d’investissement d’une ampleur historique portant sur des initiatives publiques majeures sont à l’étude pour permettre à la région d’agir de manière indépendante dans des domaines clés comme la défense, l’énergie, les infrastructures numériques et les chaînes d’approvisionnement critiques.
Les investissements prévus en faveur de l’autonomie stratégique européenne s’élèvent à plus de 1 600 milliards EUR

4. Des opportunités à saisir sur le marché obligataire européen
Un argument crucial en faveur des titres obligataires européens est la confiance dans la capacité de la Banque centrale européenne (BCE) à rester vigilante face au risque d’inflation. Les détenteurs d’obligations peuvent compter sur la BCE pour les protéger des pressions inflationnistes.
Les obligations européennes, et notamment les obligations d’entreprise, continuent d’afficher de solides performances assorties d’un niveau de volatilité relativement faible. Au premier semestre 2025, elles ont à nouveau fait preuve de résilience dans un contexte de forte incertitude.
La croissance économique européenne a elle aussi bien résisté au premier semestre 2025. Une hausse supplémentaire des investissements des entreprises et des activités de fusions/acquisitions est possible à mesure que la dynamique économique de la zone euro se renforcera au cours des 12 prochains mois. Dans l’univers de la dette des entreprises, les sociétés continuent à privilégier le désendettement. La collecte des fonds communs de placement et la demande de garanties pour les titres de créance garantis par des prêts alimentent la demande.
Notre analyse montre que les caractéristiques fondamentales des entreprises du secteur du haut rendement européen sont relativement solides. Les résultats des entreprises de la région continuent de témoigner de la résilience des modèles économiques. Les marges bénéficiaires sont stables, les coûts sont parfaitement maîtrisés et des perspectives de génération de liquidités et d’amélioration du bilan demeurent. Bien que la possibilité d’un nouveau resserrement significatif des spreads soit limitée en 2025, nous pensons que le portage et la sélection des titres stimuleront la performance.
5. Des capitaux à la rencontre d’opportunités pour les actifs privés
D’autre part, les capitaux privés sont à même de contribuer à redéfinir la compétitivité mondiale du continent européen en stimulant l’innovation, en créant des champions européens et en mobilisant les investissements considérables qui sont nécessaires. L’Europe est en passe de devenir l’une des destinations les plus attrayantes pour les investissements en actifs privés.
Les arguments en faveur de l’Europe se fondent sur l’écart de valorisation entre les entreprises européennes et leurs homologues cotées aux États-Unis, ainsi que sur la chute des coûts de financement. Mais ils reposent avant tout sur la conviction croissante selon laquelle les réformes économiques, conjuguées à un environnement stable pour les investissements à long terme, ouvrent la voie à des opportunités majeures en Europe pour l’ensemble des investisseurs.
La stabilité macroéconomique et politique de l’Europe s’accompagne d’une feuille de route structurelle très propice à l’investissement. Les programmes publics donnent naissance à des réserves de projets et à des cadres de co-investissement concrets, et non à de simples déclarations d’intention. Les capitaux privés sont clairement recherchés pour venir compléter et renforcer les capitaux publics dans l’ensemble des classes d’actifs. Leur déploiement est aligné sur des objectifs à long terme : impact, résilience, sécurité énergétique et réindustrialisation.