Coronavirus : Comment nous le suivons

Les marchés financiers ne vont pas attendre d’avoir une vision claire ni de fortes certitudes sur l’impact de la pandémie de COVID-19. Les investisseurs prévoyants vont plutôt se focaliser de plus en plus sur le scénario de fin d’épidémie – quels sont les choix en termes de stratégie de santé publique, ce qui nous attend en matière de conséquences socio-économiques, et à quelle échéance – et les prix des actifs réagiront en conséquence.

Nous sommes des spécialistes de l’investissement, pas des épidémiologistes, mais il est essentiel que nous restions à l’écoute de la science. Les marchés détestent l’incertitude et les nouvelles sur le virus, bonnes ou mauvaises, décideront du cours des choses au cours des semaines et même des mois à venir.

C’est pourquoi, pour suivre le virus au plus près, nous nous concentrons sur les thèmes suivants.

 

Les pertes en vies humaines à court terme suivant les différentes populations :

L’impact du COVID-19 sur la mortalité semble varier d’un pays à l’autre, même pour un taux de propagation donné, et cela est probablement dû à une série de facteurs, allant de la démographie à la présence de pathologies antérieures, en passant par la qualité et la capacité du système de santé.

Cependant, il semble presque certain que de nombreuses personnes mourront du fait de l’importance de population âgée, de ceux qui souffrent d’une pathologie préexistante, et, enfin en raison des contraintes de capacité en service de réanimation, tant en termes d’équipement que de personnel. En effet, l’étude de l’équipe sur la réponse apportée à l’épidémie de COVID de l’Imperial College suggère que même si tous les patients pouvaient être traités, il y aurait encore de l’ordre de 1,1 à 1,2 million de décès aux États-Unis.

 

Les gouvernements d’Asie ont-t-ils repris le contrôle pour de bon ?

Les médias et les marchés se sont beaucoup intéressés à la réponse apportée en Asie du Nord, et pour cause : les autorités de cette région ont réussi à reprendre le contrôle de la situation grâce à une action rapide et énergique. Il y a toujours un risque de reprise de l’épidémie, soit parce que le virus a été transporté ailleurs dans le pays, soit parce que la stratégie de confinement s’avère poreuse, soit parce que les mesures de confinement extrêmes sont levées.

Si la grande majorité de la population d’Asie n’a pas eu le virus, elle n’est pas immunisée et ces communautés restent donc exposées au risque de propagation. Cette guerre ne sera pas facile à gagner, et certainement pas tant que qu’un nombre relativement peu élevé de personnes auront été exposées au virus. Néanmoins, les résultats des mesures prises en Asie parlent d’eux-mêmes, et plus ces sociétés pourront fonctionner sans mesures extrêmes de distanciation sociale et sans nouvelle vague de contamination, plus elles serviront de modèle à d’autres.

 

Test, test, test

La capacité des autorités à réagir efficacement au virus dépend en grande partie de leur capacité à effectuer des tests. Les mesures de distanciation sociale ont un coût socio-économique important. Lorsque ce verrouillage prendra fin, les autorités seront sans doute désireuses d’éviter que cela ne se reproduise. Toutefois, en l’absence de mesures de santé publique efficaces, le virus recommencera rapidement à se propager. Et nous savons que les gens peuvent propager la maladie bien avant de présenter des symptômes.

Si les autorités veulent mettre en œuvre une réponse du type Corée du sud, elles devront sensiblement accroitre leur capacité à effectuer des tests, afin de pouvoir identifier rapidement les nouveaux cas et imposer une quarantaine. De même, il est essentiel de savoir combien de personnes ont déjà eu la maladie et acquis une immunité, ce qui nécessite un test sérologique. Une fois que vous savez qui a eu la maladie, vous avez une bien meilleure idée du moment où la société sera en mesure d’atteindre l’immunité collective. De toute évidence, ces deux tests sont d’une importance capitale pour la gestion des systèmes de santé dont les ressources sont limitées.

 

Traitement et guérison

Les travaux sur les médicaments antiviraux et un vaccin sont en cours, mais il y a une limite à ce qui peut être réalisé, en particulier en matière de calendrier. Les scientifiques ne seront naturellement pas très à l’aise à l’idée d’administrer un prototype de vaccin à une population saine qui pourrait avoir des effets secondaires désastreux. Selon les scénarios les plus optimistes, le premier vaccin sera disponible dans au moins six mois, mais il faudra environ 18 mois pour achever les essais, augmenter la production et le rendre largement disponible.

 

Apprendre à vivre avec le COVID-19

Il faut espérer que le bon sens et une communication efficace de la part des autorités aideront le public à adopter les comportements nécessaires pour augmenter les chances – ou peut-être le temps – que la société puisse revenir à une situation qui se rapproche de la normale. Après tout, il est très peu probable qu’un vaccin soit disponible avant de nombreux mois. Mais à mesure que l’immunité acquise augmentera progressivement dans la population, il sera possible pour la grande majorité de revenir à la vie normale sans déclencher une forte augmentation des contaminations, même si cela nécessitera probablement un changement culturel vers un diagnostic de masse, des tests sérologiques et de meilleures normes d’hygiène.

Au cours des prochaines semaines, nous procéderons à une actualisation hebdomadaire de l’évolution de ces thèmes et de leurs implications pour les investisseurs. Pour plus d’informations, veuillez consulter la rubrique « Investors’ Corner » du mercredi.

 

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