Les grandes économies ont continué à repartir de l’avant après la chute de l’activité liée aux mesures de confinement qui a marqué le premier semestre. La reprise s’observe à des degrés divers. Il nous semble que les évolutions constatées en Chine et dans les autres économies asiatiques, frappées les premières par l’épidémie, peuvent fournir des pistes pour imaginer les prochaines étapes en Europe, puis aux États-Unis.
Tendance inchangée ou ralentissement ?
Pouvons-nous supposer que le rebond en Chine, du sentiment des entreprises mais aussi de la demande des consommateurs, va être observé ailleurs ? Faut-il envisager une reprise en V avec un retour relativement rapide aux niveaux pré-pandémiques ou un ralentissement dès la fin de l’été en lien avec le redémarrage de l’épidémie avant son aggravation en automne et en hiver?
Si l’on examine les dernières enquêtes auprès des directeurs d’achat (indices PMI), qui préfigurent les tendances de l’économie, la dynamique n’a ralenti qu’en Chine. Ce résultat n’est pas surprenant dans la mesure où la reprise y a démarré plus tôt. Au Japon, l’indice s’est stabilisé, tout en restant inférieur à 50, indiquant une poursuite de la contraction. Aux États-Unis et en Europe, la dynamique semble toujours intacte (cf. graphique 1).

Zoom sur le secteur des services
Les services ont été beaucoup plus affectés par les mesures de confinement et leur réouverture a été plus difficile car de nombreuses restrictions restent en place et également parce que les consommateurs sont réticents à reprendre ce type d’activités. C’est aussi le secteur le plus important de nombreuses économies.
Le secteur manufacturier, quant à lui, est souvent dépendant de la demande intérieure et de la demande externe et, pour cette raison, ne reflète pas fidèlement l’état de la demande intérieure. Il convient de noter que le secteur manufacturier chinois est souvent « administré » de manière centralisée et que les niveaux de production dépendent davantage de l’offre que de la demande.
Les enseignements de l’Orient
Malgré tout, la Chine peut servir d’indicateur puisque la reprise chinoise a environ deux mois d’avance. Le dernier indice PMI des services a connu un léger recul après le sommet atteint en juin. On peut y voir le signe des doutes qui s’installent quant au rythme auquel l’économie arrivera à rebondir. De nouveaux foyers très localisés ont conduit les autorités à remettre en place des restrictions de circulation. En pratique, il est difficile d’imaginer comment l’activité dans le secteur des services pourra se normaliser sans vaccin.
Les inquiétudes liées à la deuxième vague devraient s’intensifier après l’été. Les tensions géopolitiques et sociales resteront élevées au moins jusqu’à l’élection présidentielle américaine. La reprise économique malgré l’arrêt du confinement risque de rester hésitante.
Par conséquent, un retour aux niveaux d’activité économique qui prévalaient avant la pandémie pourrait être retardé davantage. L’anticipation d’une reprise en V, qui a largement contribué au retour de l’optimisme sur les marchés, pourrait céder la place à des inquiétudes et conforter l’hypothèse de nouvelles mesures de relance budgétaires et monétaires pour éviter un nouveau ralentissement de la croissance économique.